Critique de Warm Bodies – Renaissance

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Warm Bodies

De Jonathan Levine

Avec Nicholas Hoult, Teresa Palmer, John Malkovich et Rob Corddry

Etats-Unis – 2013 – 1h38

Rating: ★★★★☆

Un monde post-apocalyptique où les derniers survivants de l’espèce humaine vivent reclus derrière un mur gigantesque. De l’autre côté, des zombies qui errent à la recherche de cerveaux à grignoter, s’appropriant ainsi les souvenirs de leurs victimes. Lorsque R, un zombie qui a oublié son nom, s’apprête à dévorer celui du fiancé de la jolie Julie, quelque chose d’inédit se produit: son cœur tout flétri s’est remis à battre! Enfin, un seul et unique battement… Mais qu’importe, R est tombée amoureux ! Ramenant la jeune fille dans son antre, le zombie va devoir protéger sa dulcinée de ses congénères bouffeurs de cerveaux mais surtout des Osseux, des créatures décharnées et démoniaques beaucoup moins sympathiques.

Sept après son magistral All the Boys Love Mandy Lane (toujours invisible dans son propre pays), Jonathan Levine revient au cinéma horrifique avec Warm Bodies, comédie romantique sur fond d’apocalypse zombie. Affublé en VF d’un vilain Renaissance qui lui donne des airs de sous-Twilight, Warm Bodies explore pourtant le genre zombie avec la même inventivité que Mandy Lane le faisait avec le slasher. Une exploration qui se fait dans le plus grand respect de l’inventeur du genre, George A. Romero, cité à moult reprises (The Crazies, Incident de parcours), avec en ligne de mire la vision du zombie victime de Land of the Dead dont Warm Bodies serait une déclinaison poétique.

En optant pour une approche plus fantastique que science-fictionnelle de l’apocalypse zombie, Warm Bodies s’ancre avant tout dans un certains détachement du réalisme. Car, pour rendre l’histoire un tantinet regardable, les zombies parlent. D’abord des mots isolés puis rapidement des phrases entières. Rien de foncièrement perturbant en soi si l’on se rappelle que le zombie romérien acquiert progressivement la parole avec Le Jour des morts-vivants et Land of the Dead. Mais, en accélérant ouvertement ce processus, Warm Bodies fera gueuler ceux qui n’aiment pas les rustines scénaristiques. Ce serait oublier qu’il s’agit avant tout d’une comédie, romantique de surcroît, qui fait du zombie une allégorie de la résignation. Pour le zombie R, décrit comme un no-life, les difficultés pour séduire la fille de ses rêves restent certainement les mêmes que de son vivant : apparence désastreuse, difficulté de communication, maladresse… C’est pas avec ça qu’on ira choper Mandy Lane. Pour R, il s’agit donc se surpasser, passer du zombie à l’humain comme l’on passe de l’adolescence à l’âge adulte.

Enlevons un R à Romero et l’on obtient Roméo face à sa Julie. Dire que Warm Bodies emprunte sa trame dramaturgique au classique ultime de William Shakespeare est un doux euphémisme. Warm Bodies EST une relecture de Roméo et Juliette, reprenant à son compte l’imagerie romantique véhiculée par la tragédie des amants de Vérone. Lui le zombie, elle la vivante : un amour rendu impossible par des différences à priori insurmontables. Mais qu’on se rassure, Warm Bodies est une comédie romantique, ce qui implique que l’histoire finira forcément bien. Du Romero avec pleins de petits cœurs, qui pourra hérisser les puristes du genre. Pourtant, si l’on accepte son pacte de lecture ouvertement fantaisiste, Warm Bodies se révèle comme un conte fantastique diablement attachant et drôle. Du zombie familial certes, mais du zombie intelligent avant tout.

The Vug


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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».