Critique de Spring Breakers

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Spring Breakers

De Harmony Korine

Avec Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Rachel Korine, Selena Gomez, James Franco

Etats-Unis – 2012 – 1h32

Rating: ★★★★★

Candy, Brit, Cotty et Faith n’ont pas assez d’argent pour faire le Spring Break, les vacances de printemps de la faculté où tous les excès sont permis, à Cancun, Los Angeles ou Miami. Elles décident alors, entre deux bouffée de joint, de braquer un fast-food…

Aux apparences de nouveau Projet X, le nouveau long-métrage d’Harmony Korine, disciple de Larry Clark, prolonge la route de la réflexion sur la jeunesse désabusée des années 90 aux années 2000. Et ceci entre White Trash, personnifié par le personnage joué par James Franco (son meilleur rôle à ce jour et de loin…) et fantasmagorie de la vie étudiante (fête, sexe et drogue). À travers des filtres flashy  et autres néon brillants (rouge, bleu, jaune, vert), le metteur en scène explique la dépersonnalisation du monde ambiant, un monde aseptisé, un monde composé d’écrans, senti chez les jeunes adultes qui sont les étudiants, espoir et futur de la nation. Mais « Qu’est-ce qu’on s’en branle du futur quand on ne comprend pas le présent » rappe Orelsan dans No Life, ce qui est une explication peut-être simple mais juste. En effet, le récit s’intéresse plus à la raison de la création d’évènement comme le spring break, plutôt qu’à l’évènement lui-même. Que se cache-t-il derrière la recherche de sexe et de drogue à outrance, pourquoi des jeunes se perdent durant ce séjour.

On pourrait répondre l’anti-conformisme perpétuel des nouvelles générations face aux anciennes. Les parents écoutent du rock, les enfants écoutent du rap, les soirées hippies ou les bals populaires sont remplacés par les soirées « skins » (en référence à la série anglaise) ou les soirées « pills » (pilule, médicament). Et ceci est concrétisé avec la rencontre d’Alien, gangster local qui nous explique ce qui était déjà dit dans Bully, le meilleur film de Larry Clark: le rêve américain est finalement qu’un rêve pour la majorité des gens ou un rêve se transformant en cauchemar tel un bad trip de drogue. Le film est alors intense pour exprimer cette atmosphère de plus en plus lourde et dure, telle qu’est la réalité la plus ancrée, par des effets d’opacité et d’espace clos à la limite de la claustrophobie, mais aussi quelques effets proprement « acides » notamment précédant une arrestation (ralenti, images se déformants)… De plus le réalisateur aime bien jouer sur les décalage comme ses héroïnes chantant du Britney Spears à un moment puis d’un coup se transformant en braqueuses ultra-violentes. Une jeunesse lunatique, cyclothymique, passant du coq à l’âne…

Alors, il ne faut pas abuser des bonnes choses, car elles ont une fin et les vacances toute la vie, cela existe seulement pour Paris Hilton et personne ne veut être Paris Hilton, elle est has been. D’ailleurs pour les héroïnes du film, le Spring Break a été bien plus que des vacances, mais l’expérience de la vie réelle et les leçons à retenir qui vont avec, elles savent maintenant qui elles sont. Yo

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…