Critique du Monde fantastique d’Oz

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Oz: The Great and Powerful

De Sam Raimi

Avec James Franco, Michelle Williams, Mila Kunis, Rachel Weisz

Etats-Unis – 2013 – 2h07

Rating: ★★★★☆

Oscar Diggs, dit « Oz », est un magicien de cirque itinérant. Fauché et coureur de jupons, il grimpe dans une montgolfière pour échapper à un fiancé jaloux. Mais le véhicule volant est pris dans une tornade qui l’emmène bien loin de son Kansas natal…

De Sam Raimi, cela peut étonner. En effet, de sa révélation par le cinéma bis (Evil Dead) à la notoriété par une franchise de blockbuster (Spiderman), le voici maintenant avec un conte fantastique produit par Disney, tout comme Alice aux pays des merveilles de Tim Burton. Par contre l’œuvre du réalisateur d’Intuitions est un prequel, où le film de Tim Burton est un sequel. Mais au niveau de l’impression, de l’esthétique, le film semble plus proche de Burton que de l’univers de Sam Raimi. On le trouvait un peu perdu depuis le dernier volet de l’homme-araignée, on reste encore perplexe. Est-il vraiment un cinéaste des couleurs vives et foisonnantes ? Aux intentions pyrotechniques (le film est en 3D) ? Est-il un réalisateur du féerique et du merveilleux ? Il n’empêche qu’il s’en sort correctement, par l’humour (Knuck) ou l’émotion, notamment la rencontre de la poupée en porcelaine…

 

On peut aussi noter que James Franco, rappelant à bon ou mauvais escient Johnny Depp (tout est dans l’expression du visage), est aussi dans un monde très féminin. Du désir éveillé des différentes sorcières, il se joue quelques tourments amoureux malheureusement pas approfondies, bien qu’il réussisse une scène magnifique de chagrin avec l’actrice Mila Kunis en sorcière naïve Théodora. Les autres actrices ne sont pas en reste, Michelle Williams et Rachel Weisz respectivement Glinda et Evanora, offrent une prestation  à en éclipser le héros ou anti-héros. Nous pouvons aussi dire que le récit pose comme problématique la conciliation possible ou non de la bonté et de la grandeur. Les hommes bons courent les rues, mais cela ne rapporte pas grand-chose, quoiqu’une vie normale sans problème, une vie de famille et par moments des tapes dans le dos voire des applaudissements. Les hommes  de grandeur, c’est le nec plus ultra mais pour y parvenir on peut souvent user de la malhonnêteté, ce que fait le personnage d’Oz, mais aussi nos stars de télévision, de cinéma, de musique, de littérature ou les politiciens. L’alternative ? La magie qui se crée le temps d’un instant du public face à l’œuvre.

De là, le metteur en scène n’oublie pas les motifs de l’œuvre originale comme évoquer les personnages accompagnant Dorothy ou la représentation du magicien d’Oz. Mais au final, cela ne nous empêche malheureusement pas de nous questionner sur ce qui aurait été le film si le réalisateur avait été Tim Burton tellement c’est son univers. Faudrait revoir le Alice de ce dernier…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…