Critique de L’année du dragon

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

 

Year of the dragon

 

De Michael Cimino

Avec Mickey Rourke, John Lone, Ariane Koizumi

Etats-Unis – 1985 – 2h14

Rating: ★★★★★

Suite à l’assassinat d’un chef de la triade, un flic Stanley White, est chargé de travailler dans Chinatown pour mettre de l’ordre grâce ses méthodes peu conventionnelles. Mais un autre grand ponte se fait descendre quelques jours plus tard ce qui annonce une possible guerre urbaine…

Mari délaissant sa femme, le premier premier rôle de Mickey Rourke annonçait une grande carrière dans la lignée des Brando, Pacino ou De Niro. Flic entêté, contre les petits arrangements police-triade, quitte à se retrouver solitaire, le récit lui donne une dimension de cowboy dans un western urbain, car on règle ses comptes avec des kalashnikovs à Chinatown, bien que le duel final soit propre au genre sublimé par Sergio Leone… Pourtant la mise en scène et la progression du récit amène par la suite un chaos urbain, pour ne pas dire guerre urbaine, face au principe d’équilibre instable (laisser prospérer le trafic d’héroïne). D’ailleurs le protagoniste principal est un vétéran du Vitenam et l’ombre de cette guerre se fait encore présente. De plus le film évoquera la guerre en Birmanie, avec un magnifique plan d’ensemble d’hommes à cheval parcourant toute une armée de soldats prêts à la guérilla.

Le film permet aussi une réflexion sur l’immigration, notamment celle des chinois, avec tous les stéréotypes qui s’ensuivent: « le chinois est travailleur, maintenant les jeunes n’ont plus cette conscience, ils violent, tirent et tuent, comme les blancs.» dit une senior chinois. Pour illustrer, Michael Cimino délaisse les grands espaces naturels pour les petits espaces clos, comme des bureaux, des restaurants ou des locaux de travailleurs immigrés. Cela donne une ambiance paranoïaque et tendue. Et cela appelle au problème de l’esclavage moderne et du manque de transparence de la police ou de la politique. Il y aura encore une évocation de l’économie et de la spéculation boursière face au capharnaüm du contrôle quartier chinois américain le plus connu au monde.

Ce film annonce comme les précédents films de Cimino la désillusion de l’American Dream, que ce soient pour les blancs anglo-saxons protestants, les chinois ou les autres.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…