Critique de Flight

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Flight

De Robert Zemeckis

Avec Denzel Washington, Nadine Velazquez et Don Cheadle

Etats-Unis – 2012 – 2h18

Rating: ★★★☆☆

A bord d’un moyen courrier en perdition, le pilote de ligne expérimenté Whip Whitaker (Denzel Washington), parvient à atterrir en catastrophe, sauvant d’un drame assuré la quasi-totalité des passagers. Whip est d’abord accueilli en héros, mais l’enquête dévoile peu à peu les frasques et excès d’un homme, semblant lui aussi en perdition.

Une dizaine d’années après Seul au monde, son dernier film en prises de vue réelles, Zemeckis lâche la motion capture et revient à ses premières amours. La filiation entre les deux films est d’ailleurs assez forte. Avec une catastrophe aérienne pour point de départ, les deux films traitent de la solitude. L’une est purement géographique, l’autre, plus psychologique, aborde l’isolement lié à l’alcoolisme et la dépression. Autre constante chez Zemeckis, l’enfance, est elle aussi présente dans Flight, mais pour la première fois, elle semble bafouée.

Après avoir combattu des toons (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?), voyagé dans le temps ou dans l’espace (Retour vers le futur, Contact), conduit un train géant (Le Pôle express), ou simplement en restant un grand enfant à tout jamais (Forrest Gump), Zemeckis réalise le rêve de tout pt’it garçon normalement constitué : devenir pilote d’avion. Rêve d’ailleurs mis en images dans le film, lors d’une scène où Whip revoit une vidéo de son fils, jouant avec une maquette d’avion, et proclamant qu’il sera un jour pilote comme son père. Mais Flight est un peu la crise d’adolescence tardive de son réalisateur. Le gamin ne sera sans doute jamais pilote, et tourne le dos à un père alcoolique, drogué, et prêt à sauter sur la moindre paire de fesses qui lui sourit.

Pendant deux heures Zemeckis présente un Whip sombre, rongé par le vice et les remords, sur le point de perdre la seule chose qu’il a réussie dans sa vie : sa carrière. Deux heures parfaitement menées, passant du film catastrophe, avec une première demi-heure spectaculaire, au drame plus classique,  sans perdre de rythme. Deux heures, prenantes, presque obsédantes, portées par un Denzel Washington brillant, épaulé par d’excellents seconds rôles (John Goodman en tête, dans le rôle du diable tentateur).  Oui mais voilà, le vol dure 2h18… Et 18 minutes c’est largement assez pour crasher un film. Si Whip a réussit à sauver un avion en perdition, son réalisateur  fait malheureusement tout l’inverse. Zemeckis conclut de la pire des façons, la plus moralisante, reniant son audace et s’excusant presque d’avoir fugué pendant deux trop petites heures.

Zelig

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About Zelig

Curiosité de la nature et énigme pour la science, Zelig possède la faculté de se fondre au décor en toutes circonstances. Les scientifiques se sont résignés à interrompre tous tests, jugés trop dangereux, lorsque « l’ homme-caméléon » s’est transformé en étron après avoir été trop longtemps exposé à un film de Christophe Barratier. Ce furent les deux pires minutes de l’existence de cet Zelig, qui pour tenter d’oublier, fut contraint de trouver refuge dans l’alcool. Reconverti pilier de bar bénévole, vous pouvez croiser cet étrange énergumène, au détour d’une virée nocturne.