Critique de Die Hard : Belle journée pour mourir

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A Good Day to Die Hard

De John Moore

Avec Bruce Willis, Jai Courtney, Sebastian Koch et Mary Elizabeth Winstead

Etats-Unis – 2013 – 1h37

Rating: ★★★★☆

 

En 1988, John McTiernan sortait Bruce Willis de son registre comique pour en faire une nouvelle figure de l’actionner avec Die Hard (Piège de cristal en VF), un film séminal qui redéfinissait le film d’action pour les années 90 alors que celles-ci n’avaient pas encore commencé. Une trilogie plus tard, admirablement conclue par Une journée en enfer, le personnage de John McClane avait définitivement trouvé sa place dans la culture populaire. Il aura fallu attendre douze ans pour le retrouver dans un piètre Retour en enfer, vieilli et totalement vidé de sa substance. Bref, en 2007, John McClane et Die Hard, c’était déjà du passé. R.I.P. quoi ! Autant dire que ça ne s’est pas spécialement bousculé au portillon au sein de Cellulo pour trouver un volontaire afin d’aller voir le cinquième volet d’une saga que l’on savait déjà morte.

Après un quatrième volet qui tournait autour de la fille de McClane (enfin, surtout son petit ami, puisque l’enjeu était de faire un buddy movie entre le super-flic et son gendre), ce nouvel épisode s’axe désormais sur la relation père-fils, délocalisé cette fois-ci en Russie. Pour être franc, le scénario, on s’en branle pas mal ici. Comme on peut s’y attendre, Die Hard 5, c’est beaucoup de muscles et très (très) peu de cerveau. L’anti-Nolan par excellence.

Réduisant l’intrigue à son maximum pour se concentrer quasi-exclusivement sur une surenchère d’explosions en tout genre, quitte à flirter à plusieurs reprises avec le grand n’importe quoi, Die Hard 5 se veut comme un actionner généreux en spectacle. La durée réduite du métrage par rapport aux autres volets (1h30 contre les 2 heures habituelles) devient finalement son principal atout. Articulé sur trois grosses séquences d’action (une gargantuesque poursuite en bagnole, une longue fusillade dans un bâtiment abandonné et la pétaradante résolution finale), ce nouveau volet se veut concis et efficace, parvenant à faire oublier l’énorme déception du dernier volet, d’autant plus que l’humour et la catharsis de voir les méchants se faire dézinguer font enfin leur grand retour dans la saga.

Qu’on se mette d’emblée d’accord : Die Hard 5 n’est pas au niveau du travail précédemment accompli par John McTiernan ou même Renny Harlin. Mais ne pas être au même niveau d’excellence que ses glorieux aînés ne veut pas pour autant dire que le travail de John Moore soit à traîner dans la fange. Certes, quelques scènes illisibles, notamment dans la première partie de la séquence de poursuite en voitures, mais ce n’est pas non plus une remarque que l’on pourrait généraliser sur la globalité du film. Les nostalgiques indécrottables, les traqueurs d’incohérences et les faiseurs de formules assassines s’en sont déjà donné à cœur joie pour démolir sans ménagement ce nouveau volet. Pour ma part, j’ai été extraordinairement surpris et pris un vrai panard devant ce pur pop corn movie foncièrement débile mais vraiment jubilatoire (je n’ai pas été le seul à en croire les quelques applaudissements en fin de projection). Un plaisir de cinéma qui a été pour moi bien plus puissant que dans d’autres films d’action portés aux nues dans ces mêmes colonnes par mes collègues mais néanmoins amis (The Dark Knight Rises et Django Unchained pour ne pas citer les films en question). Tout ça pour dire que si vous aimez les gros actionners, ne cédez pas à la vindicte générale et jetez un coup d’œil, sur un grand écran de préférence, vers ce nouveau Die Hard qui remplit allègrement son cahier des charges de blockbuster bourrin.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».