Interview d’Adam Leon, réalisateur de Gimme the loot

 

 

 

Fin de matinée parisienne, lors de mon rendez-vous avec Adam Leon, auteur et première révélation de l’année cinéma de l’année 2013. Pour son film, nous abordons ses influences, ses choix marqués et sa manière de faire…

Pourquoi le titre d’une chanson de Biggie Smalls ?

J’adore cette chanson. Le hip hop, c’est New York, toujours à la même place depuis toujours. Cela donne d’emblée une dimension hip hop au film, qui est synonyme de la jeunesse, d’être jeune, un feeling. J’ai trouvé le titre avant d’écrire entièrement le film.

Quels sont alors les autres paramètres hip hop ?

C’est leur art dans leur vie. Il y a une grande part de culture hip hop disséminé, le graffiti surtout. Les personnages viennent du Bronx, un lieu hip hop, on entend du rap mais peu, car on ne voulait pas que ça domine des émotions plutôt que d ‘autres, qu’il y n’ait pas de prédominance de ton, tout an ayant à l’esprit le côté fun et ballade, faire un tour. Mais je dirais aussi que c’est par l’énergie et le rythme et la séparation marquée entre le « storytelling » rap et la « story told » cinéma. Quand tu grandis avec New York, tu grandis avec cette culture.

Et le choix des chansons ?

Cela s’est fait sur un choix au départ de 150 chansons, je n’avais pas encore fini d’écrire le film. Je voulais plutôt du old school, car il y a des éléments de mouvement de recul dans le récit filmique, mais pas de rétro ou de nostalgie. Le mouvement de recul est un moyen de se trouver, se retrouver et tendre vers un bon chemin, un bon destin.

De votre tournage à New York, comment les habitants ont-ils interagies ?

Les New-Yorkais sont très occupés. Alors un petit film, avec une équipe de 5 6 personnes, ça ne va pas tant intéresser. Mais dès que l’on voulait tourner dans certains endroits, les gens faisaient des exceptions ou étaient très accueillant. Mais l’impression générale est que les gens s’en fichent, ils sont bien plus concernés par leur agenda.

Pourquoi s’être limité à filmer au Bronx et à Brooklyn ?

Je voulais filmer New York comme quelque chose de normal, à taille humaine. La ville est organisée de façon très corporatiste ; les centres commerciaux, les magasins, les restaurants ; je voulais en capter l’énergie car New York a toujours une grande vitalité, unique. Ce n’est pas une vision pour les touristes.

Qu’avez-vous fait avant ce long-métrage ?

J’en avais fait un seul court. Pour un long, il faut beaucoup d’énergie, c’est un challenge et il y a la production qui veille. Chaque jour est différent, motiver ton équipe, vérifie le budget etc… Mon court est lié à Gimme the loot, dont j’ai écrit 4 scripts.

Vos personnages parlent beaucoup, à la fois de façon sérieuse et anodine. Par hasard êtes-vous influencé par Cassavetes ou Woody Allen ?

Pas spécialement pour Cassavetes, cette manière relève du procédé de production. C’est l’idée de réunir un groupe autour d’un projet, d’y croire et de tourner, tourner. Mais en vrai on parle comme ça ! Je dirais plus Woody Allen, une grande influence, juste par ses différentes façons de filmer New York ? On pourrait même dire que Malcolm (Tysheeb Hickson) est une version hip hop de Woody Allen !

Quand avez-vous tourné le film ?

L’été dernier, dans une perspective assez floue, qui allait le voir, qui voudrait le voir et me voici en France. New York  a bonne image en France et la France est le pays du cinéma, c’est cool, je suis chanceux.

En ce qui concerne le casting ?

J’ai écrit un rôle pour chaqre personne dont j’avais besoin, surtout Ty et Tashie (Tashiana Washington). Pour elle, cela a été un long processus, beaucoup de filles castées, le rôle est assez dur. Il faut trouver une alchimie, car c’est aussi une histoire d’amour, Sofia est spéciale pour Malcolm.

Avec le fait récurrent que tout le monde vole tout le monde, y-a-t-il un symbolisme de Jungle Fever qu’est New York ?

C’est courant à New York ! La ruse ! Tout passe de main en main. Que ce soit une paire de sneakers acheté à l’un pour l’offrir à l’autre, comme un cycle, un cercle pas trop vicieux.

Réflexion social alors ?

Etant des personnages noirs, avec une certaine interaction envers les autres habitants, je me dois, en tant que « storyteller » me concentrer sur eux, dans les situations et les contextes. Oui, il y a par conséquent une conscience sociale, mais ce sont encore des gosses, donc faut pas trop commenter pour le réalisateur.

Quelqu’un a finalement tagué la pomme du Shea Stadium ?

Je ne crois pas, peut-être en 1997 ou 1999.

Merci

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…