Critique de Diamants sur canapé

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Rating: 3.0/5 (1 vote cast)

Breakfast at Tiffany’s

de Blake Edwards

Avec Audrey Hepburn, George Peppard, Mickey Rooney.

Etats-Unis – 1961 – 1h55

Rating: ★★★☆☆

Diamants sur canapé (quelle horrible traduction de Breakfast at Tiffany’s) fait partie de ces films porté aux nues par les cinéphiles de tout poil, et dont l’esthétique est devenue source de merchandasing inépuisable. Il n’y a qu’à voir les tableaux d’1 mètre sur 1 chez Ikea d’Audrey Hepburn et de son fume-cigarette pour s’en rendre compte.

Pourtant, cette comédie aux accents tragiques est loin d’être le chef d’œuvre escompté. Réalisé par Blake Edwards (The party, La Panthère Rose, etc.) et adapté d’une nouvelle de Truman Capote, le film suit l’histoire d’Holly, jeune new-yorkaise débarquée de sa province texane, se faisant entretenir presqu’innocemment par quelques riches de la ville. Elle fait rapidement la connaissance de son nouveau voisin, Paul, écrivain et gigolo. Entre eux se lie une amitié pleine de sous-entendus, sous fond d’argent, de mafieux et de déambulation dans la « grosse pomme ».

Peu de surprises dans ce scénario (la belle que seul l’argent intéresse succombera-t-elle au final à l’amour véritable ?) qui se décline entre vaudeville et séquences plutôt cruelles. Hors, c’est là que le bât blesse. L’humour d’Edwards se marie particulièrement mal à la gravité d’Holly, paumée entre ce qu’elle est et l’image qu’elle souhaite renvoyer d’elle même.

Le réalisateur appuie lourdement sur le comique de répétition ou de situation (Mickey Rooney avec sa prothèse dentaire proéminente mimant un japonais hystérique frise le ridicule), là où une certaine légèreté aurait été de mise. Et l’on se dit qu’un tel film dans les mains de Billy Wilder ou d’Howard Hawks aurait largement gagné en consistance.

En parlant de consistance, le second gros souci du film est le casting qui justement en manque sérieusement. Entre l’écrivain (George Peppard) et le vieux beau (José Luis de Vilallonga), les rôles masculins sont d’un ennui profond. Il faut dire, à leur décharge, qu’Audrey Hepburn crève l’écran. Audrey se promenant chez son bijoutier favori en fourreau noir, Audrey jouant Moon River à sa fenêtre, Audrey en pleine crise d’hystérie, Audrey apprenant le portugais… Chaque scène la révèle toujours plus belle, changeante et charismatique. Et c’est bien là l’une des seules choses que l’on retiendra de Diamants sur Canapé : admirer l’actrice en technicolor 2 heures durant.

Miho

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About Miho

Coincée depuis quelques années entre réalités parallèles et univers alternatifs, Miho se dit qu’elle aurait mieux fait de suivre des cours de physique quantique plutôt que de s’adonner aux dépravations estudiantines terrestres afin de retrouver son home sweet home. En attendant enfin une numérotation automatique "téléphone maison" sur son iPhone, son passe-temps favori reste la reproduction des masques de Leatherface et de Michael Myers au crochet.