Critique de Boulevard de la mort

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Rating: 4.5/5 (2 votes cast)

Death Proof

de Quentin Tarantino

avec Kurt Russell, Rosario Dawson, Rose McGowan, Mary Elizabeth Winstead

Etats-Unis – 2007 – 2h07

Rating: ★★★★☆

Stuntman Mike, looser patibulaire et cascadeur de seconde zone à ses heures perdues, a pour principal hobby la traque de jeunes filles en chaleur. Au bord de sa Chevrolet Nova aux allures de machine de mort, Mike cible tout ce qui porte un shorty, pour assouvir ses pulsions à coups de pare-choc.

Le video-club Tarantino continue d’explorer les genres et s’attaque cette fois au « Grindouse film ». Ce genre typiquement américain, désigne ces films d’exploitations qui étaient diffusés par deux ou trois, dans quelques drive-in et salles spécialisées. Pour sa sortie US, le film était d’ailleurs accolé à celui de Robert Rodriguez (Planète Terreur), dans une version de plus de 3h. Schéma difficilement imaginable pour le marché européen, les deux films ont finalement été remontés individuellement pour leur sortie sur le vieux continent. Notre version de Boulevard de la mort est donc un poil moins jusqu’au-boutiste, mais conserve néanmoins en introduction du film, certaines des fausses bandes annonces de série B. La volonté de reproduire l’expérience grindhouse des 70’s, se traduit sur le fond comme sur la forme. Tarantino poussant le vice jusqu’à reproduire artificiellement des défauts sur la pellicule, des sautes et autres distorsions sonores. Le souci du pastiche est poussé à son paroxysme.

 

Sans doute le projet le moins ambitieux de Tarantino, Boulevard de la mort est un jardin d’enfant assumé, où un grand gamin s’amuse avec ses Barbies et ses Hot weels. Le Garnement aligne les références aux films de son enfance, se met en scène, multiplie les citations de ses propres films et se permet même un clin d’oeil à sa copine de l’époque (les couvertures sur Marie-Antoinette dans la station service). Un nombrilisme qui aurait pu être déplacé, mais qui est supplanté par l’exultation communicative que semble prendre le gamin à l’ouvrage. Le tour de force est de se nourrir de navets, pour accoucher d’un film purement jubilatoire. Le secret réside dans le gloubi-boulga Tarantino, composée de personnages décalés, de dialogues savoureux, d’une musique perpétuellement en contrepoint et le tout mixé avec une mise en scène truffée d’idées. Boulevard de la mort n’est sans doute pas l’étape la plus importante dans la carrière de Tarantino, mais plutôt une récrée qu’il s’accorde, un bon gros défouloir, bref un bonheur primaire.

Zelig

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About Zelig

Curiosité de la nature et énigme pour la science, Zelig possède la faculté de se fondre au décor en toutes circonstances. Les scientifiques se sont résignés à interrompre tous tests, jugés trop dangereux, lorsque « l’ homme-caméléon » s’est transformé en étron après avoir été trop longtemps exposé à un film de Christophe Barratier. Ce furent les deux pires minutes de l’existence de cet Zelig, qui pour tenter d’oublier, fut contraint de trouver refuge dans l’alcool. Reconverti pilier de bar bénévole, vous pouvez croiser cet étrange énergumène, au détour d’une virée nocturne.