30 influences de Tarantino

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Rio Bravo de Howard Hawks (1959)

« Quand j’accroche avec une fille, je lui montre Rio Bravo et elle a intérêt d’aimer ! ». C’est par cette formule que Tarantino a l’habitude de présenter le mythique western d’Howard Hawks qui figure comme son film préféré.  L’esprit de franche camaraderie qui règne entre John Wayne, Dean Martin, Walter Brennan et Ricky Nelson déteindra sur les personnages des premiers scénarios de Tarantino. Tous sympathiques donc tous humains. Parmi les autres films d’enfance à avoir marqué Tarantino, il faut citer également La Horde sauvage de Sam Peckinpah dont la violence va exercer un pouvoir de fascination chez le cinéaste.

RESERVOIR DOGS

L’Ultime razzia de Stanley Kubrick (1956)

Reservoir Dogs n’est pas le premier film à raconter en multiple flashbacks l’histoire d’un casse qui tourne mal. Tarantino n’a d’ailleurs jamais caché la filiation en affirmant que son film était une relecture de L’Ultime razzia de Stanley Kubrick, fleuron du film noir où un plan millimétré part en sucette à cause d’une succession d’erreurs humaines.

Rashômon d’Akira Kurosawa (1950)

Un récit éclaté-reconstitué sur ce qui se serait passé, un meurtre à la différence d’un braquage, sans vraiment un temps présent, mais…il y a une conséquence sur ce temps. Si Akira Kurosawa donne une réponse, Tarantino aussi mais en suspens comme le maître japonais…

City on Fire de Ringo Lam (1987)

Des plans similaires, une ambiance similaire, Tarantino ouvre peut-être la deuxième génération des fans de cinéma asiatique, où cette fois-ci tourné vers Hong-Kong après le Japon.

Martin Scorsese

Tous deux écrivent leur scénario. Des gangsters qui bavassent, un humour souvent radical, des situations anodines devenant explosives, oui, Martin l’avait fait avant. Des personnages aux noms iconiques, quelques dialogues cultes, oui, Martin l’avait fait avant. Cependant la communauté de Tarantino est plus freaks, plus féminine et plutôt agnostique.

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Jean-Luc Godard 

Le baroque poussé à la limite du supportable, le premier à citer d’autres films. Tarantino a repris du maître suisse l’art de la citation mais aussi l’art du décalage filmique : Alphaville n’est pas un film de science-fiction et Pierrot le fou n’est pas un film de gangsters tout comme Reservoir Dogs et Inglorious Basterd n’est pas un film de guerre… Mais en fait si…

Et si Jean-Luc Godard aime « décaler » ou « discréper », il a aussi innové et c’est le second film de Tarantino qui aurait dû créer l’avant-garde… À la place, il gagné une Palme d’or.

PULP FICTION

Bande à part de Jean-Luc Godard (1964)

Ce film de Jean-Luc Godard a une place toute particulière dans la cinéphilie de Tarantino puisqu’il donne son nom à la boite de production du cinéaste, A Band Apart. Tarantino poursuit également la filiation en avouant s’être inspiré de la mythique scène de danse entre Anna Karina, Claude Brasseur et Sami Frey pour le twist d’Uma Thurman et de John Travolta dans Pulp Fiction.

Les Trois visages de la peur de Mario Bava (1963)

Le maître du gothique italien s’offrait dans les sixties un film à sketch pour illustrer trois visions du cinéma horrifique. Selon Tarantino et Roger Avary, l’idée de raconter plusieurs histoires dans Pulp Fiction est venue des Trois visages de la peur. Si la filiation peut paraître capillo-tractée, les scénaristes prendront quand même le soin de donner à l’une des drogues du film le nom de Bava.

En quatrième vitesse de Robert Aldrich (1955)

Comme L’Ultime razzia, voici un autre fleuron du film noir hystérique qui se base quant à lui sur le personnage très pulp de Mike Hammer dont Tarantino a repris quelques idées. Parmi la plus visible, on citera bien évidemment la mystérieuse mallette tant convoitée dont le contenu reste des plus énigmatiques. La construction du personnage de Butch n’est également guère éloignée de celui de Mickey Spillane : cynique et violent avec les hommes, doux et tendre avec les dames.

John Cassavetes

Pourquoi le citer en plus de Scorsese du Nouvel Hollywood ? Cassavetes est la version américaine de la Nouvelle Vague. Le dialogue ou le monologue qui claque ou qui cloche, dont on se souvient après le film, c’est lui, le cinéma rebelle dans le milieu/hors du milieu professionnel des grands pontes américains, c’est lui et l’auteurisme à l’américaine c’est lui. La dernière raison est son film Meurtre d’un bookmaker chinois qui est un film noir ne ressemblant à aucun autre.

Et on peut même aller à dire qu’avant Tarantino, c’est John Cassavetes qui unifiait cinéma d’auteur, cinéma de genre et cinéma d’exploitation. Si pour le second, il y eût Gloria pour le premier il y a…

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JACKIE BROWN

Cleopatra Jones de Jack Starrett (1973)

Dans les deux, des scènes de voiture importantes, dans les deux des scènes d’aéroport importantes et dans les deux une star oscarisée importante, pour le film de 1973, il s’agit de Shelley Winters. C’est surtout l’idée de l’héroïne noire indépendante qui en a dans le pantalon et qui a des problèmes amoureux…

Coffy de Jack Hill (1973)

C’est un film de vengeance, mais si on le choisit pour le film le plus complexe et sophistiqué de Tarantino, c’est le film révélateur de Pam Grier. Et il y a Sid Haig…

Foxy Brown de Jack Hill (1974)

Autre film de vengeance, toujours dans le milieu de la drogue, comme Jackie Brown et toujours Pam Grier. Plus « badass » que les précédents films cités, le côté « seule contre tous » est y plus travaillé.

D’ailleurs, Tarantino explique que si le premier combat de Kill Bill oppose les actrices Vivica A. Fox et Uma Thurman, c’est pour constituer une dernière référence à la blaxploitation. Passons au film le plus référencé.

KILL BILL

La mariée était en noir (François Truffaut) 1968

Cinq types arrivent dans un mariage et abattent le marié. Pas contente du tout, la Mariée se vengera en tuant un par un les cinq assassins. Pas d’arts martiaux ni de références au western spaghettis dans La mariée était en noir. Les similitudes avec l’histoire de Kill Bill sont pourtant criantes bien que Tarantino ait toujours affirmé ne pas avoir été influencé par le film de Truffaut.

Brian De Palma

Parmi ses films préférés, Tarantino n’a de cesse de citer Blow Out de de Palma, qu’il considère même comme le meilleur film du cinéaste. Au delà du choix de Travolta pour le rôle de Vincent Vega, c’est dans l’utilisation du split-screen, naturel ou non, qu’il cite son pair, notamment dans la scène de l’hopital dans Kill Bill, où Elle Driver en nurse machiavélique, tente d’assassiner Béatrix d’une injection mortelle.

Lady Snowblood de Toshiya Fujita (1973)

Lady Snowblood demeure un film culte, que Tarantino a probablement réhabilité sur la scène du ciné de genre mondial notamment grâce aux références qu’il dissémine dans le premier volume de Kill Bill.  Un personnage qui l’a librement inspiré pour construire celui d’Oren Ishii, dont le combat final avec The Bride est presque une copie parfaite de celui de Fujita: le décor, la neige, la grâce en kimono, le sabre et le sang.

Le Vagabond de Tokyo de Seijun Suzuki (1966)

Une histoire de yakuza où le héros n’a pas d’autre choix que d’affronter son ancien patron, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Si on ne voit pas la volonté de changement de vie de l’héroïne de Tarantino, telle un yakuza/samouraï errant, le film de Seijun Suzuki y fait tout son récit. Ah tragédie japonaise quand tu nous tiens…

Ci-dessous, Le Jeu de la mort de  Robert Clouse (1978) : Jogging jaune et baston !!!

Guerre des gangs à Okinawa de Kinji Fukasaku (1971)

Des mecs en costard noir qui se tapent jusqu’à la mort, et on garde même les lunettes noires. Le tout dans une ambiance de yakuzas muets et classes, c’est réalisé par Kinji Fukasaku, le réalisateur de Battle Royale.

Battle Royale de Kinji Fukasaku (2000)

C’est surtout pour la participation de Chiaki Kiriyama, actrice du film culte de 2001, déguisée pour le coup à nouveau en écolière. Et puis le combat dans l’auberge est vraiment une bataille royale.

Takashi Miike

La version japonaise de Tarantino mais une moyenne d’un film et demi réalisé par an. Cinéaste de genre touche-à-tout, bizarrement lui aussi est dans une période de film de costumes, Tarantino le reconnaît comme influence au point qu’il a joué dans son Django, qui lui a donné l’envie de faire le sien.

Samourai Fiction de Hiroyuki Nakano(1998)

Ce film peu connu pourtant très bon, est un film de samouraïs en noir et blanc, Kill Bill en propose une séquence, et c’est celle d’un combat. Mais tout comme le film de Tarantino sorti 5 ans après celui-ci, il est proposé des passages de combat aux filtres de couleur (rouge, bleu, jaune).

La trilogie Shaolin

Toute la séquence de l’entraînement de Black Mamba, avec le personnage culte de Pei Mei est un hommage magnifique. De plus c’est l’acteur d’époque, Gordon Liu, qui joue le rôle du vieux aux longs sourcils blancs.

Sergio Leone

Tarantino étire le temps, vraiment. Et s’il le doit bien à quelqu’un, c’est à Sergio Leone, rendant ses personnages iconiques en faisant éclater les dialogues comme des bombes au sein d’un ambiance silencieuse. Les scènes où cela est le plus visible est évidemment en comparant la séquence de présentation du Truand dans le célèbre film de Leone avec celle où Travolta et Jackson viennent récupérer la malette dans Pulp Fiction. De plus, on remarquera l’utilisation fréquente de la musique de Morricone dans les films de Tarantino, surtout depuis Kill Bill où on en compte une par film. Mais pour saisir pleinement l’influence de Leone, il nous faudrait bien plus que ces quelques lignes…

Frayeurs de Lucio Fulci (1980)

Une ado qui pleure des larmes de sang. Une femme enterrée vivante. Deux des idées visuelles les plus fortes du chef-d’œuvre gore de Lucio Fulci sont ainsi reprises dans les deux Kill Bill. Plus que celle de Dario Argento, l’œuvre de Fulci exerce une énorme fascination sur le réalisateur américain qui continue à y faire référence dans son diptyque (musique reprise de L’Emmurée vivante lors de l’évasion de l’hôpital, œil menacée d’être crevée comme dans L’Enfer des zombies) . Tarantino sera même à l’origine d’une ressortie de L’Au-delà sur le sol américain.


BOULEVARD DE LA MORT

Big Trouble in Little China de John Carpenter (1986)

Le choix de Kurt Russell au volant d’un véhicule meurtrier dans Boulevard de la Mort évoque forcément le cinéma de John Carpenter. Au-delà de leur passion commune pour Rio Bravo, les deux cinéastes partagent la même volonté de repousser les codes du cinéma de genre. Avec Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Carpenter tentait déjà un crossover entre cinéma américain et cinéma hong-kongais tout en détournant la virilité du héros américain. Guère étonnant que Tarantino expose dans Boulevard de la mort le débardeur porté par Kurt Russell chez Carpenter.

Bullitt de Peter Yates (1968)

Ford Mustang GT, une voiture proposant les premières courses-poursuites du cinéma moderne voire du cinéma tout court, bien que ce soient des Dodges qui sont utilisées chez Tarantino. Mais c’est le premier film de déclaration d’amour pour les bolides.

Point limite zéro de Richard C. Sarafian (1971)

2 000 kilomètres à parcourir en mois de 15 heures au volant d’une Dodger Challenger R/T blanche dans ce classique de la contre-culture qui est l’une des références les plus évidentes de Boulevard de la mort. La voiture de Kowaski appelle les héroïnes à faire les folles sur le bitume, ce qui permet à Tarantino de s’offrir une course-poursuite finale totalement vintage.

Faster, Pussycat! Kill! Kill! de Russ Meyer (1965)

Le désert, de jolies pépées, des bolides et une course poursuite effrénée, pas de doute, Boulevard de la Mort partage bien plus avec le chef-d’œuvre de Russ Meyer qu’il n’y parait. Bien que le vieux moustachu préfère davantage les bonnets D, Abertnathy et ses copines cascadeuses en ont aussi dans le futal et déchaineront la même violence sur Stuntman Mike que Tura et ses leathers girls sur leur victime.

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INGLOURIOUS BASTERDS

Les Douze salopards de Robert Aldrich (1967)

En France, pendant la Seconde Guerre Mondiale, des criminels partent à la chasse aux Nazis avec pour objectif d’en massacrer le maximum. Si Inglourious Basterds est nommé en hommage à The Inglorious Bastards d’Enzo G. Castellari (Une poignée de salopards en VF), Tarantino et Castellari ont deux puisé leur essence dans l’incontournable classique de Robert Aldrich qui est au film de guerre ce que La Horde Sauvage est au western. 100% Bad Ass!

Dossier réalisé par Hamburger Pimp, The Vug, Lullaby Firefly et Skreemer

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