Sept autres films qui ont fait 2012

 
 
 

Certaines années, et on ne va pas s’en plaindre, sont si denses en films de qualité qu’un Top 10 ne suffit pas. Pourtant, rigueur oblige, l’équipe Cellulo a du se résoudre à laisser aux portes du top bien des films méritants. Afin de pallier un peu à cette injustice, chaque rédacteur vous livre ici son coup de cœur « hors top », son film qu’il aurait aimé voir figurer parmi les dix veinards. Un peu de rab pour une année prolifique et sept films de plus que l’on vous recommande chaudement !

Le choix de Lullaby Firefly

God Bless America de Bobcat Goldthwait

Qu’on le trouve trop léger ou déjà-vu, God Bless America n’en reste pas moins le film le plus acide et acerbe de l’année. Dépeignant sans concession la société actuelle, la dérive des médias et l’influence qu’ils exercent sur chacun de nous, Bobcat Goldthwait nous incite à réfléchir sur la télé d’aujourd’hui, de la télé réalité débile aux chaînes d’infos alarmistes, comme autant de preuve de notre dévolution. Are we not Men ?

 

Le choix de Nico Darko

Killer Joe de William Friedkin

William Friedkin est toujours là, majeur dressé, bien décidé à ne pas faire de concessions. Réaliser un film de cette trempe à près de 80 balais suffit à prouver que sa réputation n‘est assurément pas surfaite. Pourtant doté d’un casting de choix, le film a surtout été médiatisé par la fameuse séquence du poulet frit, scène marquante d’une œuvre aimant jouer avec les transgressions. Killer Joe secoue une année 2012 un peu trop sage.

 

Le choix de Miho

Le Territoire des loups de Joe Carnahan

Bande-annonce bourrine et Liam Neesom en tête d’affiche : Le Territoire des loups n’aurait pu être plus mal vendu. Et pourtant, se cache derrière ce survival une vision tout aussi glaciale que terriblement juste sur les rapports entre homme et nature. Les paysages sont sublimes, la mise en scène ciselée et surtout, le réalisateur Joe Carnahan ne cède jamais à la morale facile. Dès lors, débarrassé de toute considération philosophique ou religieuse, le film donne à voir une représentation de la mort d’une saisissante ampleur. Un excellent cru 2012 !

 

Le choix d’Hamburger Pimp

Cogan d’Andrew Dominik

Andrew Dominik, un cousin éloigné de Refn, marche dans son ombre. Après un western métaphysique dans un récit épique où Refn avait refait la découverte de l’Amérique dans sa dureté, voici le Néo-Zélandais réalisant le Drive de 2012. Thriller urbain maîtrisé de A à Z (mention spéciale pour Gandolfini) extrêmement appliqué qui peut malheureusement donner l’impression qu’il se regarde filmer: c’est en fait de la violence froide. Ce film paie sa sortie tardive en fin d’année et ses réactions mitigées à Cannes.

 
Le choix de Skreemer

Ulysse, Souviens toi! de Guy Maddin

Bizarre, unique, envoûtant… J’en ai rien à foutre de ces mots génériques, et bien que le film de Maddin le soit, il est bien plus intéressant de mettre des sentiments sur ces mots plutôt que de les nommer. Et pour ça, le réalisateur d’Ulysse, Souviens toi! nous aide grandement en nous tenant par la main et en déroulant son univers rappelant tantôt le livre de Joyce, tantôt le mythe d’Homère et souvent le Scarface de Hawk. Bref, je le conseille à tous et toutes, même ceux qui ont peur du cinéma dit expérimental, le film est aussi narratif que visuel.

 

Le choix de The Vug

Wrong de Quentin Dupieux

Méprisé par l’ensemble de la cinéphilie avec Steak, Quentin Dupieux avait su, il y a deux ans avec son fauché Rubber, grappiller quelques parts de respectabilité artistique. Pourtant, avec Wrong, celui qui s’est fait connaître sous le patronyme de Mr. Oizo à la fin des années 90 démontrait une maîtrise ascensionnelle de son art, sorte de déclinaison electro d’un cinéma surréaliste dans la droite lignée de Buñuel. Moins prise de tête que Leos Carax ou Guy Maddin, le cinéma de Dupieux reste tout aussi inventif que celui de ses respectés confrères. En espérant que l’univers de cet artiste en dehors des normes soit enfin reconnu à sa juste valeur pour 2013…

 
Le choix de Zelig

Amour de Michael Haneke

Si Amour n’est sans doute pas le film le plus recommandé pour les fêtes de fin d’année, il demeure cependant l’un des bijoux de 2012. Servi par duo d’acteurs/dinosaures incroyable et une mise en scène aussi discrète que subtile, Amour a cette faculté de hanter le spectateur pendant de longues semaines. Émouvant, sans être larmoyant, touchant, mais jamais plombant, Haneke nous embarque dans un intense face à face avec la mort.

Bien sûr, retrouvez le Top 10 2012 de la rédaction

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