Critique de Savages

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Savages

De Oliver Stone

Avec Aaron Johnson, Taylor Kitsch, Blake Lively, Benicio Del Toro, John Travolta

Etats-Unis- 2012 – 2h10

Rating: ★★★☆☆

Alors qu’ils proposent la meilleure marijuana du marché, Ben et Chon font des envieux et se retrouvent mis à mal par un cartel mexicain qui est prêt à tout pour s’approprier cette herbe. Ce qui ne devait être qu’une transaction se transforme rapidement en cauchemar pour les deux associés.

Oliver Stone est principalement connu pour ses films engagés et ne caressant pas sa nation dans le sens du poil, mais il lui arrive aussi de se la jouer plus cool, moins prise de tête comme ce fut notamment le cas avec le très réussi U-Turn sorti en 1997. Il revient vers ce créneau avec Savages, qui en plus de le remettre en selle après une décennie assez difficile (la mauvaise réception de World Trade Center et de Alexandre), prouve qu’il garde encore une jolie forme.

Adapté du roman de Don Winslow, Savages s’appuie sur un récit assez banal, et c’est davantage dans sa galerie de personnages qu’il trouve son intérêt. Cette pléthore de caractères justifiant notamment la durée du film qui s’étire sur un peu plus de deux heures mais qui n’accuse jamais un coup de mou grâce à un montage bien nerveux. Cette mise en images renvoie par moment au cinéma du regretté Tony Scott, non pas nécessairement dans sa mise en scène mais davantage dans la photographie et cette manière de ne jamais calmer le jeu.

Parmi les protagonistes, s’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait sans conteste celui interprété par Benicio Del Toro, encore une fois magistral, à l’attitude engendrant autant le rire que le malaise. Les personnages de Chon et Ben forment un duo efficace à travers cette complémentarité, bien que très archaïque, du cerveau allié aux gros bras. Cet arc relationnel étant complété par Ophélie alias O, pour qui l’on regrettera que le rôle soit quelque peu traité avec facilité, sa caractérisation manquant réellement de profondeur, tout comme cette relation qu’elle tisse avec la chef du cartel jouée par Salma Hayek. Parmi les autres seconds couteaux, on retrouve avec plaisir John Travolta, toujours aussi bon quand on lui sert un rôle bien troussé, ce qui est hélas trop rare.

Difficile de ranger le film dans une case tant Oliver Stone varie les genres, et si cette manière d’opérer peut paraître un brin brouillonne par moment elle n’en est pas moins limpide dans son déroulement. Aucun thème n’est traité en profondeur, la drogue et ses cartels n’étant finalement présentés que de manière anecdotique, voir parodique, Savages se révélant être avant tout une série b divertissante. A défaut de nous surprendre, Stone prouve qu’il conserve encore et toujours ce penchant transgressif qui fait la différence.

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).