Critique de Possédée

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The Possession

 

d’Ole Bornedal

avec Jeffrey Dean Morgan, Kyra Sedgwick, Natasha Calis et Grant Show

Etats-Unis – 2012 – 1h35

 

Rating: ★★★☆☆

©2012 Metropolitan Filmexport – tous droits réservés

 

Depuis quelques années, le film de possession (ou d’exorcisme) est devenu un genre en soi, tant les studios semblent prolifiques et inspirés par le sujet. Et pour cause, un regain d’intérêt du public pour cette thématique encourage les scénaristes à exploiter les moindres ficelles de la thématique.

Alors que fleurissaient régulièrement des Found Footage mettant en scène divers cas de possessions estampillés « inspiré d’un fait réel », sous l’impulsion du succès de Paranormal Activity, il semble qu’aujourd’hui, la tendance soit dans la déclinaison du thème sous la forme d’ une fiction classique.Ainsi, Possédée nous dispense de ces scènes de caméra de vidéosurveillance éculées et autres k7 trouvées totalement obsolètes.

C’est dans l’intimité de la famille Brenek, dont les parents viennent de divorcer, que nous plonge le film. Alors qu’il fait un vide grenier avec ses filles pendant son week end de garde, Clyde Brenek offre à sa fille de 10 ans, Em, une mystérieuse boite ancienne, avec laquelle l’enfant commence à développer un lien étrange.

Pour se détacher des autres films du genre, les scénaristes Juliet Snowden et Stiles White, binôme derrière les scenarii de Bogeyman et Prédictions, ont choisi le mythe kabbalistique du Dibbuk, esprit-démon qui s’attache à une personne et finit par habiter son corps. Déjà évoqué dans The Unborn de David Goyer (paradoxalement plus proche du Jusqu’en Enfer de Sam Raimi que Possédée, pourtant produit par le réalisateur), ce mythe demeure proche de son homologue catholique, ayant également son rite d’exorcisme pour sauver la victime. Néanmoins, l’originalité de Possédée puise sa source dans cette mythologie, notamment en jouant sur la boite et ses pouvoirs maléfiques, solidifiant et crédibilisant ainsi son socle fantastique. Cela donne ainsi lieu à des mises en scène surprenantes et inventives, s’articulant pour la plupart autour du folklore de la boite.

Pourtant, le film pèche par moment par trop de retenue. Malgré l’interprétation de la jeune Natasha Calis qui apporte son lot de terreur, la plupart des scènes de peur sont trop courtes pour réellement installer une tension constante. Moins effrayant de fait qu’Insidious, Possédée n’en est pas moins de bien meilleure facture que la plupart des métrages indigestement filmés en caméra embarquée qui rabâchent les mêmes poncifs, tous piqués à Friedkin.

Bien qu’il soit impossible de faire un film de possession où ne planerait pas l’ombre de l’Exorciste, Possédée a le mérite de chercher à s’approprier une autre mythologie et de tenter de la crédibiliser réellement.

 

 Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.