Critique des Bêtes du Sud sauvage

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Beasts of the Southern Wild

De Benh Zeitlin

Avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry et Levy Easterly

Etats-Unis – 2012 – 1h33

Rating: ★★★★☆

Fil rouge de l’année, après une large moisson de récompenses prestigieuses (caméra d’or à Cannes, Grand Prix du Jury  à Sundance et Deauville), ce premier film chaudement soutenu par Obama, se dévoile enfin aux spectateurs.

En plein Bayou, dans une espèce de village fait de bric et de broc, vivent quelques reclus, menacés par la montée des eaux. Parmi eux la petite Hushpuppy, effrontée et démerdarde, apprend à se débrouiller dans ce décor apocalyptique. Glauque ? Absolument pas !  Dès la scène d’intro, le bidonville semble se transformer en oasis de paix, un espace de liberté où chaque moment est une occasion de faire la fête. La quête initiatique de la gamine prend alors des allures d’Alice aux pays des merveilles, version Emmaüs. Un pari gagné grâce une mise en scène bluffante, où la caméra épaule évoque la dureté de l’épreuve, mais est  toujours accompagnée de plans oniriques, mêlant la nature à l’imaginaire de la fillette.

Benh Zeitlin semble connaitre son « Terrence Malick illustré » sur le bout des doigts. La nature magnifiée, l’utilisation habile des flous et même la musique (difficile de ne pas penser à la Ligne rouge), font écho au travail du maitre.

Heureusement Zeitlin ne s’arrête pas au copier/coller  et impose sa propre touche, notamment avec une légère dose de fantastique. Les angoisses d’Hushpuppy sont symbolisées par une horde d’aurochs, déferlant sur la « cité ». L’objet de sa quête sera de les dompter, passage obligatoire vers l’âge adulte. L’autre enjeu du film, est la relation entre la fille et son père, mourant à petit feu. Un schéma qui rappelle celui de La Route de Cormac McCarthy, et la peur d’un père d’abandonner son enfant dans un monde sans pitié. C’est peut-être l’ambition de trop. En prenant en otage une gamine devant son père agonisant, dans le but de tirer quelques larmes, Zeitlin tombe dans la facilité et affaibli son propos. Un petit caillou dans la chaussure, qui n’entache que légèrement cet hymne à la vie.

 

Zelig

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About Zelig

Curiosité de la nature et énigme pour la science, Zelig possède la faculté de se fondre au décor en toutes circonstances. Les scientifiques se sont résignés à interrompre tous tests, jugés trop dangereux, lorsque « l’ homme-caméléon » s’est transformé en étron après avoir été trop longtemps exposé à un film de Christophe Barratier. Ce furent les deux pires minutes de l’existence de cet Zelig, qui pour tenter d’oublier, fut contraint de trouver refuge dans l’alcool. Reconverti pilier de bar bénévole, vous pouvez croiser cet étrange énergumène, au détour d’une virée nocturne.