Who’s Who: Universal Monsters

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LON CHANEY (1883-1930)

On l’a surnommé « l’Homme aux 1000 visages ». Acteur venu de théâtre, Lon Chaney devient une star du cinéma dans les années 20 grâce aux maquillages élaborés qu’il invente et qu’il applique lui-même à son visage. Des maquillages suffisamment terrifiants pour  transformer un drame comme Notre-Dame de Paris en film d’horreur. De Quasimodo au Fantôme de l’opéra (1925), Lon Chaney annonce les Universal Monsters à venir mais disparait prématurément en 1930, en même temps que le cinéma muet qui a fait sa gloire.

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CARL LAEMMLE JR. (1908-1979)

Une tête de minot. C’est pourtant grâce à lui que l’on doit l’existence des Universal Monsters ! A 20 ans, Carl Laemmle Jr. est placé par son père Carl Laemmle à la tête de l’entreprise familiale: Universal Pictures. Si le papa ne portait que peu d’intérêt pour le cinéma fantastique, il en est tout autrement du fiston. Dès 1931 avec Dracula jusqu’à son éviction en 1936, le jeune producteur permet au cinéma d’horreur hollywoodien de connaître son premier Âge d’Or.

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TOD BROWNING (1880-1962)

Réalisateur singulier du muet, il fait ses armes en dirigeant Lon Chaney dans des thrillers à la lisière du fantastique (Le Club des trois, L’Inconnu, Londres après minuit…) où apparaît son goût pour les marginaux, les outsiders et autres freaks. En 1931, il obtient le plus gros succès de sa carrière en lançant Bela Lugosi dans Dracula. Devenu culte des décennies plus tard, son chef-d’œuvre Freaks (1932), drame  perturbant avec des phénomènes de foire dans les rôles principaux, est un échec commercial qui lui coûtera sa carrière. Celle-ci s’arrête en effet à la fin des années 30.

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BELA LUGOSI (1882-1956)

Lorsqu’il quitte sa Hongrie natale pour gagner le sol américain, l’acteur Béla Lugosi ne parle pas l’anglais. Ses premiers rôles sont donc récités phonétiquement. Lugosi devient une vedette à Broadway en enfilant le costume du personnage qui le rendra célèbre : Dracula. En 1931, il devient une star hollywoodienne en reprenant le rôle du vampire dans le film de Tod Browning. Associé à jamais à son personnage, Béla Lugosi se fait rapidement voler la vedette par un inconnu, Boris Karloff, qui explose dans Frankenstein. Lugosi sort des girons d’Universal en allant fricoter avec d’autres studios (L’Ile du Dr. Moreau, White Zombie) avant de revenir à la maison mère pour des seconds rôles. Il finit sa carrière dans la déchéance la plus complète, servant de guest star aux productions Z d’Edward D. Wood Jr. (Plan 9 from Outer Space). Il sera enterré avec sa cape de Dracula.

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BORIS KARLOFF (1887-1969)

La star incontestée des Universal Monsters, c’est lui ! Devenant une superstar du cinéma alors même qu’il n’occupe pas le rôle principal de Frankenstein, cet acteur britannique qui russifie son nom a déjà près de 80 films  à son actif. La Créature de Frankenstein, la Momie, Fu Manchu… Autant de rôles de monstres idiots et de méchants machiavéliques qui semblent avoir été taillés sur mesure pour le visage anguleux de Karloff. Des rôles pourtant bien éloignés de la réalité puisque l’homme est décrit par son entourage comme un gentleman délicat et fin lettré. S’il ne portait que peu d’intérêt pour les films d’horreur, Boris Karloff en restera une figure incontournable et ce, jusqu’à la fin de sa carrière, apportant son soutien aux nouvelles pousses du fantastiques des années 60 (Roger Corman, Mario Bava…)

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JAMES WHALE (1889-1957)

Metteur en scène de théâtre anglais à succès, James Whale est rapidement appelé par Hollywood pour réaliser l’adaptation de sa pièce La Fin du voyage. Avec le triomphe de Frankenstein, il devient le réalisateur coqueluche d’Universal et signe trois autres succès horrifiques (La Maison de la mort, L’Homme invisible, La Fiancée de Frankenstein) qui mettent à jour son goût pour l’humour grinçant et une forme de flamboyance macabre. Bénéficiant d’une liberté artistique totale dans les années 30, il s’essaie à d’autres genres dont la comédie musicale Show Boat mais sa carrière est compromise suite à des pressions du gouvernement nazi sur la sortie de son film The Road Back en 1937. Déçu par Hollywood, il se retire du monde du cinéma au début des années 40. Atteint d’une maladie incurable,  James Whale se suicide à l’âge de 67 ans en se noyant dans sa piscine.

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JACK PIERCE (1889-1968)

De la créature de Frankenstein au Loup-garou, il a conçu tous les maquillages des monstres les plus emblématiques d’Universal durant son Age d’Or (1931-1945). Pionnier dans le domaine, ce grand-père spirituel de Rick Baker et Tom Savini se destinait initialement à une carrière d’acteur. Ami de Lon Chaney avec lequel il a débuté sa carrière à Hollywood,  Jack Pierce innove dans son domaine. Ses séances de maquillage relèvent souvent de la torture pour les acteurs qui doivent les porter tant les poses sont longues et douloureuses.

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JOHN P. FULTON (1902-1965)

Autre homme de l’ombre et pas des moindres. Responsable des effets visuels du studio jusqu’en 1947, John P. Fulton succède à George Méliès et William O’Brien dans la grande lignée des génies des effets spéciaux. S’il est déjà présent dès Dracula, où il rehausse le regard de Bela Lugosi par un éclairage tout simple, c’est avec L’Homme invisible qu’il montre toute l’étendue de son ingéniosité. Précurseur des effets d’incrustation, il poursuivra sa carrière avec Alfred Hitchcock dans les années 50 et inventera le travelling compensé pour Sueurs froides en 1958.

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CLAUDE RAINS (1889-1967)

La carrière hollywoodienne de cet acteur britannique démarre mal. Si sa technicité convainc le fondateur de l’Académie Royale d’Art Dramatique de Londres, où Claude Rains décroche le prestigieux Professional Shakespeare Certificate, elle n’est pas du goût du monde de cinéma qui trouve le jeu de l’acteur excessivement pompeux. C’est pourtant grâce à sa voix que Claude Rains séduit James Whale, celui-ci insistant sans retenue pour en faire son Homme invisible. Second rôle de prestige dans de nombreux chefs-d’œuvre (Monsieur Smith au Sénat, Casablanca, Les Enchaînés), il  reprend vingt ans après Lon Chaney le rôle-titre du Fantôme de l’Opéra, seul film en couleurs des Universal Monsters.

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ELSA LANCHESTER (1902-1986)

Les Universal Monsters féminins sont rares. Une bonne raison pour faire figurer dans cette liste celle qui devient La Fiancée de Frankenstein dans le film de James Whale où elle interprète également le rôle de l’écrivain Mary Shelley. Muse d’H.G. Wells lorsque celui-ci écrivait des scénarios de courts-métrages muets à la fin des années 20 (Bluebottles, Daydreams, The Tonic), elle fut l’épouse de l’immense acteur Charles Laughton. Les fans de Disney pourront la reconnaître dans le rôle de Katie Nanna dans Mary Poppins.

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LON CHANEY JR. (1906-1973)

Si Lon Chaney annonçait les Universal Monsters dans les années 20, son fils Lon Chaney Jr. fermera l’Age d’Or en devenant la dernière superstar horrifique de la firme. Explosant avec son rôle du Loup-garou en 1941,  il reprend également d’autres créatures emblématiques d’Universal comme le monstre de Frankenstein dans Le Spectre de Frankenstein, Dracula dans Son of Dracula  et la momie (renommée Kharis) dans La Tombe de la momie. Apparaissant dans les premiers crossovers hollywoodiens (Frankenstein rencontre le Loup-garou, La Maison de Frankenstein) ainsi que les parodies du genre avec Abbott et Costello, Lon Chaney Jr. n’arrivera pas à sortir de l’ombre de son père et finit rongé par l’alcoolisme.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».