Critique de Modus Anomali

 
 
 

 Modus Anomali

de Joko Anwar

avec Rio Dewanto, Izzi Isman,  Aridh Tritama et Hannah Al Rashid

Indonésie – 2012 – 1h27

Rating: ★★★★☆

Les festivals sont souvent l’occasion de voir des curiosités filmiques. C’est le cas de ce Modus Anomali, tourné en 8 jours et pour un budget estimé à 200 000 dollars, une somme bien dérisoire dans une époque où le moindre blockbuster ne coûte pas moins de 100 millions. Néanmoins, le pitch de départ s’avère fort intéressant: Un homme se réveille enterré dans la forêt et découvre que sa femme a été assassinée par un inconnu et que leurs deux enfants ont disparu.

Décider de tourner un long métrage en huit jours implique de fait de devoir simplifier l’intrigue de son écriture à sa mise en scène. Mais cela demande également une sacré dose d’ingéniosité pour étoffer, ce qui à la base, doit se tourner le plus facilement et  le plus rapidement possible. En somme, Modus Anomali aurait pu être un court métrage. Pire un court métrage étiré en long. Mais il n’en est rien. La grande force de Joko Anwar tient surtout dans le fait qu’il parvient à surprendre son spectateur. Livrant une première partie assez commune, tout en faisant preuve d’une inventivité certaine dans la réalisation, il réussit néanmoins un retournement inattendu et original, basculant dans une seconde partie, dont le rythme bien plus soutenu sied mieux aux genres auxquels le film empreinte les codes.

Bien que le rythme plutôt lent alourdisse cette première partie, Anwar enchaine montées en tension, plans superbes sur l’inquiétante forêt, de jour comme de nuit et scènes d’horreur pure. Mais ce rythme devient vite un problème, entrainant la mise en place un peu laborieuse de l’intrigue et un déséquilibre avec la seconde partie, bien plus brutale. Cette deuxième partie néanmoins suffit à donner au film un nouveau souffle. Ce qui apparaissait comme un banal film d’Horreur s’avère bien plus inventif qu’il ne le laissait croire.

Maitrisé dans l’ensemble, bien qu’ayant quelques problèmes de rythme, inventif et ingénieux, Modus Anomali peut sembler de prime abord très conventionnel dans son écriture. Calquant certaines scènes sur les poncifs du genre, le film, dans sa première partie, ne brille pas vraiment par son originalité. C’est dans son basculement sur une seconde partie, au rythme, à l’ambiance et aux codes différents, que le film se démarque réellement.
 
Une très jolie réussite pour un joli pari, peu de moyens mais beaucoup d’idées. Et rien que pour ça, Modus Anomali est un film à voir.

 Lullaby Firefly

 

 

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.