Critique Le Fantôme de l’Opéra

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Phantom of the Opera

de Arthur Lubin

avec Claude Rains, Nelson Eddy, Susanna Foster et Edgar Barrier

Etats-Unis – 1943 – 1h 32

 

Rating: ★★★★☆

 

Seconde adaptation cinématographique du roman de Gaston Leroux par Universal, après la version de 1925 mettant en scène le mythique Lon Chaney, la version d’Arthur Lubin se démarque  à la fois de son prédécesseur, mais également des productions horrifiques auxquelles le studio avait habitué ses spectateurs. Claude Rains y interprète Erique Claudin, violoniste à l’Opéra de Paris et éperdument amoureux de Christine, jeune soprano en attente de reconnaissance. Renvoyé sans ménagement de l’orchestre, Claudin, ruiné, n’a plus d’autre espoir que de vendre son concerto. Mais persuadé qu’on veut le lui voler, il perd la tête et se retrouve défiguré à l’acide. Poursuivi par la police, il est contraint de se réfugier dans les égouts, sous l’Opéra.

Tourné en Technicolor, le film sort en 1943, en pleine second Guerre Mondiale, les Etats-Unis ayant rejoint le conflit depuis deux ans. Le cinéma se partage alors principalement entre les comédies, musicales ou autres, les films de propagande, les westerns et les films de guerre. En tant de guerre, l’Horreur est rarement le genre le plus prisé, ce qu’avaient bien compris les pontes d’Universal en lançant dès 1940 la série des Abbott et Costello, duo comique phare du studio, qui ira jusqu’à parodier les plus grands succès horrifiques de celui-ci.

Ainsi, l’effroi se trouve reléguer au second plan, sans cesse atténuer par la portée comique du duo de Nelson Eddy et d’Edgar Barrier, tous deux prétendants de la charmante Christine, interprétée par Susanna Foster.  De plus, comme la créature de Frankenstein ou l’Homme Invisible (que Rains a incarné dix ans auparavantpour le compte du studio), Claudin est présenté avant tout comme une victime, qui, poussée à bout, sombre dans une folie meurtrière, pour servir un seul dessein, propulser l’amour de sa vie, qui lui a inspiré son concerto,  sur le devant de la scène. Aucun meurtre n’est montré, toute la violence se passe hors champ ou hors cadre, et la tension demeure toujours contrebalancée par les multiples passages comiques et autres running gag concernant Anatole et Raoul, les deux soupirants. Au final, le personnage de Rains tient plus du fou meurtrier, dont les victimes s’avèrent peu sympathiques, que du monstre sanguinaire, hormis dans la scène finale, qui nous dévoile son visage sans masque et par là même son aspect effrayant.

Entrecoupée de longs passages musicaux, présentant par extraits les opéras joués par les protagonistes, l’intrigue met du temps à décoller, probablement trop, mais le réel charme du Fantôme de l’Opéra se trouve justement dans les fantaisies qu’il prend avec les codes de son propre genre, comme dans les préceptes instaurés par le studio. Le monstre n’est pas réellement monstrueux , le film n’est pas un film d’Horreur à proprement parler, pourtant il s’en dégage une originalité qui en fait une version personnelle et particulière.

Trop comique et suggéré pour être effrayant, trop atypique pour rentrer dans le moule des Universal Monsters, Le Fantôme de l’Opéra, bien qu’il demeure mineur par rapport à ces confrères, n’en reste pas moins une petite perle de série B, inventive et classieuse.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.