Critique de La Momie

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The Mummy

De Karl Freund

Avec Boris Karloff, Zita Johann et David Manners

Etats-Unis – 1932 – 1h13

Rating: ★★★★☆

Après les succès de Dracula et Frankenstein en 1931, le producteur Carl Laemmle Jr. assoit la réputation des studios Universal dans le genre horrifique avec un nouveau film de monstre. Surfant sur l’intérêt du public sur l’égyptologie, apparu dans les années 20 suite à la découverte du tombeau de Toutânkhamon, La Momie plante son cadre dans l’Egypte contemporaine sur fond de malédictions. Sur le site de Thèbes, des archéologues mettent à jour le sarcophage de la momie d’Imhotep ainsi que d’un parchemin. Ce dernier est lu par l’un des archéologues, réveillant la momie qui disparaît. Des années plus tard, un étrange individu nommé Ardath Bey contacte les archéologues pour leur indiquer l’emplacement de la tombe d’Ank-Souh-Namun. Or, Ardath Bey n’est autre qu’Imhotep cherchant à réveiller l’âme d’Ank-Souh-Namun dont la jeune et innocente Helen Grosvenor est la réincarnation.

Premier film en tant que réalisateur de Karl Freund, directeur de la photographie du Dracula de Tod Browning, La Momie permet à l’acteur Boris Karloff de composer un nouveau monstre emblématique d’Universal après sa mythique interprétation de la créature de Frankenstein. Consolidant son statut de star incontestée du cinéma d’horreur des années 30, au grand désespoir de Bela Lugosi, Karloff subit l’un des maquillages les plus éprouvants de l’histoire du cinéma, conçu par Jack Pierce (le maquilleur maison des Universal Monsters) nécessitant près de huit heures d’application puisqu’il couvre l’intégralité de son corps. Un vrai supplice d’autant plus cruel que le monstre ne sera finalement que peu présent à l’écran et cadré principalement en gros plan. Prise en grippe dès le début du tournage par son réalisateur, l’actrice Zita Johann, forte en caractère, est également mise à rude épreuve, tournant de nombreuses séquences qui ne seront pas présentes dans le montage définitif dont une scène dangereuse où elle est seule au milieu de vrais lions.

Dès son générique d’ouverture, La Momie emprunte énormément à Dracula, aussi bien le film de Browning que le roman de Bram Stoker. Scénariste des deux films, John L. Balderston applique le même schéma sur l’intrigue. Il s’agit d’un mort-vivant doué de pouvoirs hypnotiques, sensible aux objets religieux, qui s’en prend à une jeune femme innocente, elle-même gardienne malgré elle d’une passion éternelle. Les deux films partagent également des acteurs communs pour des rôles semblables. Comme dans Dracula, David Manners reste le jeune premier qui doit sauver la fille qu’il aime des griffes du monstre. Après Van Helsing, Edward Van Sloan interprète à nouveau un scientifique féru de paranormal.

Au-delà des similitudes qui ne font que rappeler que Hollywood reste avant tout une industrie, La Momie cherche à tracer une filiation entre les Universal Monsters et les films muets à grand spectacle de D.W. Griffith et Cecil B. DeMille. Si les séquences à travers les différentes époques qui devaient expliquer plus en détail l’aspect éternel de l’amour entre Imhotep et Ank-Souh-Namun ont été écartées du montage par soucis de fluidité, le flashback muet revenant sur l’origine de la malédiction d’Imhotep témoigne de l’ambition du film à vouloir se rapprocher d’une certaine forme de péplum et d’inscrire son histoire d’amour sur fond d’ésotérisme et de fatalité du Destin. Certes, Karl Freund ne possède pas la même maestria que Tod Browning pour mettre en place des ambiances anxiogènes, la faute à une momie peu présente et des décors exotiques qui appellent plus aux films d’aventure qu’aux films gothiques. Mais il parvient à faire de sa Momie un monstre romantique dont Boris Karloff parvient une nouvelle fois à extraire toute l’humanité.

 

The Vug  

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».