Critique de John Dies at the End

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John Dies at the End

De Don Coscarelli

Avec Chase Williamson, Rob Mayes, Paul Giamatti et Clancy Brown

Etats-Unis – 2012 – 1h39

Rating: ★★★★☆

La vie de David Wong a basculé depuis qu’il se drogue à la Sauce de Soja. C’est ce qu’il raconte au journaliste venu l’interviewer dans un restaurant asiatique. Cette drogue a altéré sa perception de la réalité, lui ouvrant des portes sur des dimensions parallèles d’où émergent des créatures monstrueuses. Si David est terrifié, son meilleur ami John, lui aussi sous l’emprise de la Sauce de Soja, semble maîtriser la situation et l’embarque dans une étrange aventure hallucinogène où les poignées de porte se transforment en pénis, où les moustaches se mettent à voler et où l’on peut passer des coups de fil avec un hot-dog.

David Wong est également romancier puisqu’il est l’auteur du roman qui est à l’origine du retour au cinéma de Don Coscarelli, réalisateur de films fantastiques cultes comme Phantasm et Bubba Ho-Tep. Derrière David Wong se trouve Jason Pargin, qui officie sur Cracked.com, site internet humoristique spécialisé dans les tops, devenu le plus visité dans sa catégorie. Bien que la rédaction de John Dies at the End soit bien antérieure à la création du site, on peut se demander si Pargin n’a pas dressé une liste des œuvres hallucinogènes les plus marquantes de la culture populaire avant de s’atteler à son histoire. Car John Dies at the End apparaît avant tout comme un film imbibé de références, à la manière de Detention de Joseph Kahn dont il partage également le goût des histoires qui partent en vrille avec frénésie.

On pourrait ainsi décrire le délire de John Dies at the End comme Le Festin nu par H.P. Lovecraft, Las Vegas Parano par Philip K. Dick, Fight Club par David Cronenberg, Alice aux pays des merveilles par Clive Barker… Un tourbillon d’influences que Don Coscarelli parvient à contenir dans un film d’une heure et demie qui fascinera ou qui épuisera mais qui reste cohérent dans la filmographie du réalisateur.

En partant dans tous les sens, ouvrant des voies sans les refermer explicitement, John Dies at the End suscite forcément l’interrogation. Le film est fun, certes, mais nous amène-t-il réellement quelque part ? Le déroulement erratique de l’histoire, sur fond de mondes parallèles et de membres fantômes, risque de donner du grain à moudre à ceux qui aiment répertorier les incohérences dans les films. A moins d’appréhender simplement John Dies at the End comme l’histoire fantasmée d’un junkie psycho killer puisque le doute entre le fantastique et la folie était déjà présent dans Phantasm. Film malin ou pas, John Dies at the End n’est certainement pas le chef-d’œuvre attendu mais reste un bon pop-corn movie aussi délirant et généreux que ses bandes-annonces le laissaient présager.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».