Critique de Nightbreed: The Cabal Cut [PIFFF 2012]

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Nightbreed: The Cabal Cut

De Cliver Barker

Avec Craig Sheffer, Anne Boby et David Cronenberg

Etats-Unis – 1990 – 2h24

Rating: ★★★★☆

Si elles ne forment pas la décennie la plus marquante dans l’histoire du cinéma fantastique, les années 90 s’ouvraient pourtant sur d’audacieuses productions comme L’Echelle de Jacob d’Adrian Lyne, Edward aux mains d’argent de Tim Burton et Panic sur Florida Beach de Joe Dante. Des paris risqués à la manière de Cabal, le deuxième long métrage de l’écrivain splatterpunk Clive Barker qui voyait alors les choses en grand après le succès de Hellraiser.

Mêlant slasher et fantasy, l’histoire de Cabal est aussi épique que tordue puisqu’il s’agit pour son héros de sauver Midian, une cité souterraine peuplée de créatures monstrueuses, et de contrecarrer les plans machiavéliques du Dr. Decker, un psychanalyste serial killer. Un peu de gore, des monstres en pagaille sur lesquels Barker braque sa sympathie, une histoire d’amour mortifère… Avec une musique composée par Danny Elfman et la présence de David Cronenberg parmi les acteurs principaux, Cabal avait tous les ingrédients pour devenir le film de dark fantasy ultime. Mais le délire de Barker ne sera pas partagé par Morgan Creek Productions qui ne comprend pas le film et décide de le faire remonter. Ramené à une durée d’1h40, Cabal sort en 1990 mais ne correspond pas à la vision de Clive Barker ni à celle du public qui rejette le film. L’écrivain mettra sa carrière de réalisateur en veille après son troisième long-métrage Le Maître des illusions.

Venu présenter Nightbreed: The Cabal Cut lors du Paris International Fantastic Film Festival, Russel Cherrington a mis la main sur les séquences coupées par Morgan Creek, des séquences que l’on croyait disparues mais que Clive Barker conservait sur VHS. A partir de ce matériau, des deux versions du scénario original de Cabal ainsi que de la nouvelle, Cherrington a pu remonter une version de 2h20 fidèle à la vision de Clive Barker. Certes, cette version longue n’est pas encore finalisée. Dupliquées de la VHS au numérique, les nombreuses scènes additionnelles s’étalent sur grand écran dans un rendu dégueulasse. Dans l’attente d’une restauration complète, Nightbreed: The Cabal Cut s’adresse donc principalement aux fans purs et durs ou aux cinéphiles curieux et tolérants. Le propos est avant tout de relire l’histoire de Cabal avec toutes ses composantes.

Quarante minutes de plus que la version de 1990, cela se ressent forcément. Cabal retrouve donc sa prétention de blockbuster du film de monstres avec de nombreux détails qui viennent épaissir le background des personnages principaux et renforcer la dimension saga de l’œuvre. La romance entre Aaron et Lori est ainsi davantage appuyée, la schizophrénie du Dr. Decker apparait clairement lors de dialogues entre lui et son masque de tueur, on en apprend plus sur les monstres… Redonnant une plus grande cohérence au film original, Nightbreed: The Cabal Cut met à jour le rendez-vous manqué entre Clive Barker et le cinéma fantastique. Il répare une injustice et rappelle que le cinéma de Guillermo del Toro ne sort pas de nulle part. On espère maintenant que Nightbreed: The Cabal Cut sorte rapidement dans une version définitivement restaurée et impeccable afin que l’on puisse admirer ce joyau noir de la fantasy dans toute la splendeur qu’il mérite.

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».