Critique d’Une arnaque presque parfaite

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Brother Bloom

de Rian Johnson

Avec Adrian Brody, Marc Ruffalo, Rachel Weisz et Rinko Kikuchi.

Etats Unis – 2008 – 1h54

Rating: ★★★★★

J’ai toujours eu un faible pour les films d’arnaqueurs. Les bons, les mauvais, les moyens, tous en fait.

Je ne dis pas que je ne fais preuve d’aucune objectivité les concernant, je saurai vous dire s’ils sont mauvais ou bons et même pourquoi, mais je ne pourrai m’empêcher en les regardant de sourire comme un con, de me dire que j’aimerais bien parfois avoir cette vie, faire ça. Pourtant, je les vois les arnaqueurs, les mecs qui trainent à Pigalle, les escamoteurs et les autres, et je peux vous assurer, ça n’a rien de sexy.

J’en suis très vite venu à la conclusion donc que cet art de l’arnaque, de l’escamotage est un art qui est magnifié, transcendé par le cinéma et est un art des plus cinégéniques.

C’est pour cela, que sans m’y attendre, c’est plus qu’une épiphanie que j’ai eue en voyant Brothers Bloom pour la première fois, la deuxième fois, la dixième fois… Ce film met en pratique cette théorie, et offre en plus de cela beaucoup plus. Une poupée russe d’histoires, où chacun a une histoire à raconter et n’hésite pas à le faire.

Il me parle sur tous les niveaux.

Quand je parle de niveaux, je parle autant des strates thématiques et narratives qui composent l’histoire que de niveaux qui composent mon corps, c’est à dire mon cerveau et mon putain de cœur, ce bâtard.

Rian Johnson, dont j’avais déjà vu Brick réussit une fois de plus à me bluffer.

En effet, le film fonctionne très bien déjà si on ne prend en compte que ce que l’on voit à l’écran. C’est une histoire d’arnaque teintée d’amour et de personnages hauts en couleurs joués par Adrian Brody, Marc Ruffalo, Rachel Weisz et Rinko Kikuchi qui en mettent plein la vue, le tout grâce à une mise en scène efficace, travaillée, et pourtant presqu’invisible, nous montrant ces personnages se transformer en personnes et évoluer devant nos yeux.

Les décors et les costumes font appel à l’inconscient collectif et nous présentent un univers bourré de codes du genre, faisant appel à l’imagerie des films d’une certaine époque, d’un certain genre. Les chapeaux, les bateaux, les maisons, les capes et les longs manteaux, tout est là !

J’aime vraiment tout, de la scène d’introduction qui en dit tellement et servira de miroir au reste du film au personnage absolument génial de Pénélope, riche héritière qui collectionne les hobbys (oui, c’est bizarre à lire, mais quand on le voit, c’est tellement bien !) en passant par la galerie de personnages secondaires comme le Conservateur ou Diamond Dog !

J’adore comme chaque arnaque est plus grande que nature, mise en scène et jouant ainsi du procédé de mise en abîme…

Mais c’est au niveau du traitement que le film se place bien au dessus d’un film d’arnaque référentiel. Mise en abîme donc je disais, je parlais plus haut de poupées russes, et je vais vous dire pourquoi.

Brothers Bloom ne parle pas d’arnaque vraiment… Jamais, même. Par contre, il parle de cinéma, tout le temps !

En effet, Stephen, le grand frère est celui qui écrit les arnaques, il les écrit comme des films. Des films mettant en scène son meilleur acteur, sa muse : son frère.

Beaucoup de références sont faite à cet aspect, et jusqu’au bout, le film dans sa théâtralité, son traitement, ses insinuations, ses dialogues parle de la mise en place d’un film. Comme les aventures que l’on jouait quand on était petits : « on va dire qu’on est orphelins, qu’on doit combattre des méchants et ils sont invisibles ! »

Ce film, c’est exactement ça !

Et pour couronner le tout, comme quand on jouait, même si l’un des deux n’y croit pas, le fait que l’autre puisse y croire rend le tout réel aux yeux de tous. Tout cela participe à provoquer de l’émotion chez le spectateur. Chez moi en tout cas, ça marche du tonnerre.

C’est ce que Stephen appelle l’arnaque parfaite, celle à la fin de laquelle tous les partis obtiennent ce qu’ils veulent.

Voyez ce film, je vous le conseille vivement !

 

 Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.