Critique de Argo

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Argo

De Ben Affleck

Avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin

Etats-Unis – 2012 – 1h59

Rating: ★★★★★

Iran. Si ce mot nous fait résonner pays islamiste, inhumain, dictatoriale et anti-occidental, ce pays a été le berceau d’une des plus grandes civilisations, la civilisation perse. Et comme beaucoup de pays d’après-guerre hors d’Occident, il y eût une transition démocratique, que j’ai apprise lors d’une séance. Le film de cette séance explique aussi que cette transition a été déroutée par l’impérialisme américain pour remettre en place la royauté iranienne dit le « shah » non le « roi ». Et de là, vous savez sûrement, lecteurs, qu’il y eût une révolution en 1979, amenant à la chute du shah, exilé forcé aux Etats-Unis et l’avènement des ayatollahs, guides suprêmes de la nation iranienne…

Back to the past Motherfuckers, entendez par-là des clopes qui se fument dans les bureaux et les avions, les pattes accompagnés aux cheveux mi-longs, les pantalons pattes d’éléphant. On peut alors se remémorer Les 3 jours du Condor ou Les Hommes du Président. Mais grand frère Affleck ne se limite pas de faire le bon élève. En effet en s’inspirant d’une mission de la C.I.A qui avait pour but de sauver des américains en Iran s’étant échappés de l’ambassade étasunienne avant qu’il soit pris d’assaut en 1980, le réalisateur au troisième long-métrage réfléchit sur l’actualité et notamment le statu quo entre l’Iran et l’Occident. De la première partie du film, caméra au poing montrant le début du calvaire des américains travaillant à l’ambassade, une progression de la violence et de l’action des manifestants, on a l’impression que la tension ne retombe qu’à la fin du film.

Cette tension se ressent les bureaux de l’Agence, en espace fermé, mais aussi se ressent dans les bureaux d’Hollywood, adjuvants de l’agent et même l’ambassade canadienne, refuge pour les 6 américains. De ces espaces clos, on peut suggérer que c’est une allégorie de l’Iran de 1980 à maintenant : un pays fermé sur lui-même dans un obscurantisme intriguant, les seuls scènes en extérieur sont là pour le prouver, quand l’agent et les 6 clandestins visitent le bazar et une simple photographie créé le bordel. De plus, la multiplication des points de vue, je penserais particulièrement au point de vue de la gouvernante iranienne chez l’ambassadeur canadien, héroïne sans remerciements, prouve l’incompréhension des natifs sur place même si Ben Affleck ne se met pour autant à leur place, eux , les véritables victimes et otages des extrêmistes. Et aussi, on peut noter l’échelle des plans ; des plans d’ensemble de Téhéran pour en arriver à des gros plans de pendu, de manifestations violentes voire d’exécutions en plans moyens ou plans rapprochés avec une certaine distance qui évite tout voyeurisme et vulgarité ; empêche le relâchement de tensions.

Si Ben Affleck ne nous impressionnait pas en tant qu’acteur, en tant que metteur en scène, il est en constante progression, avec un sujet lourd et politique, maîtrisé avec intelligence. Et rappelez-vous que l’Iran est un pays qui emprisonne ses cinéastes…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…