Critique de The King of New York

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

 

The King of New York

D’Abel Ferrara

Avec Christopher Walken, Laurence Fishburne, David Caruso

Etats-Unis – 1990 – 1h40

Rating: ★★★★★

Frank White sort de prison et il compte bien reprendre son statut de boss de la pègre new-yorkaise, entre prostituées et junkies… Et aussi devenir maire…

Abel Ferrara nous offre un New York en noir et blanc, de noirs et de blancs, comme si le conflit des années 50 et 60, avec le mouvement des droits civiques, n’avait pas abouti. Et par conséquent exit les latinos, dans des règlements de compte mi-western mi-mafia, car la Grosse Pomme reste une vraie jungle urbaine, où il faut dégainer vite. La nuit devient alors porteuse de la mort, c’est une mise en scène nocturne funèbre, quant au jour il peut être porteur de bonheur, tel un mariage ou bien une bonne pêche pour les flics. C’était cela les années 80 à New York, la coke et le crack, par contre pas de disco mais de la new jack swing, la musique noire fashion d’époque.

Christopher Walken, toujours aussi flippant, joue la complexité avec son personnage de Frank White, entre attitude de tueur de sang-froid et l’impulsion sociale et empathique de s’occuper de sa ville. Après tout on regarde une lecture particulière du mythe de l’entreprenariat, l’American Dream, être son propre patron, le libéralisme en clair. Et le libéralisme, c’est toujours un peu la guerre, ou du moins la violence, un thème une figure qui parcoure le film, avec une course-poursuite en voiture sous la pluie qui a sûrement inspiré James Gray pour La nuit nous appartient. Il en est de même de l’opulence qui se remarque aussi. Tout ceci est imbriqué dans une spirale mortuaire et sociale, oui car quels sont les possibilités aux classes défavorisées et prolétariennes de s’en sortir ? Hier comme aujourd’hui ? D’une certaine manière Frank est un nouveau riche et en même temps le film ne laisse pas de places aux nantis, aux puissants et aux riches, bien qu’ils soient évoqués.

The King of New York est une référence au même titre que Les affranchis ou la trilogie du Parrain dans une dimension plus moderne. Il y a un bonus intéressant sur un entretien avec Abel Ferrara sur la genèse du long-métrage, qui est peut-être son meilleur film.

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…