Critique de L’Etrange créature du Lac Noir 3D

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Creature from the Black Lagoon

De Jack Arnold

Avec Richard Carlson, Julie Adams et Richard Denning

Etats-Unis – 1954 – 1h20

Rating: ★★★★★

Difficile de passer outre l’anniversaire d’Universal Pictures qui fête cette année son centenaire. En parallèle du gargantuesque coffret Blu-Ray réunissant les huit plus grands films des Universal Monsters, le prestigieux studio hollywoodien exhume également une version 3D numérique du classique de Jack Arnold, L’Etrange créature du Lac Noir (également présent dans le coffret), où un groupe de scientifiques part au cœur de l’Amazonie à la recherche du chaînon manquant entre l’homme et le poisson. Cherchant avant tout des fossiles, ils vont découvrir que la créature est toujours vivante et que le bikini de Julie Adams ne la laisse pas non plus indifférente.

Sorti bien après l’Âge d’Or des Universal Monsters (grosso modo, du milieu des années 20 au début des années 40), L’Etrange créature du Lac Noir tranche avec l’atmosphère gothique des films fantastiques qui ont fait le succès de la firme, quitte à fouler les terres du studio concurrent, la RKO. Plus proche donc de King Kong et de La Chose d’un autre monde que de Dracula ou Frankenstein, L’Etrange créature du Lac Noir s’inscrit dans la grande tradition du film d’aventures tout en ajoutant des éléments horrifiques (l’attaque de la tente, les nombreux plans de la main palmée de la créature) ainsi qu’une touche de proto-SF (façon Jules Verne/Arthur Conan Doyle) sur les surprises que peut réserver Dame Nature dans ses territoires encore vierges. Réalisateur parmi les plus emblématiques des séries B fantastiques des années 50, Jack Arnold avait déjà marqué le genre un an plus tôt avec  Le Météore de la nuit, une histoire d’extraterrestres imaginée par Ray Bradbury. Le succès de L’Etrange créature du Lac Noir lui permettra de réaliser son chef-d’œuvre ultime trois ans plus tard en adaptant le classique de l’écrivain Richard Matheson, L’Homme qui rétrécit.

Si L’Etrange créature du Lac Noir a marqué le cinéma fantastique, c’est davantage pour ses prises de vue sous-marines que pour le simple look de son monstre amphibien, surnommé The Gill Man, pourtant assez élaboré avec son système de branchies et sa bouche qui fait « blop blop ». En effet, Jack Arnold ouvre avec son film la voie au film d’horreur aquatique, usant d’une caméra subjective braquée en dessous de la nageuse insouciante. Un procédé que reprendra Steven Spielberg vingt ans plus tard dans ses Dents de la Mer. Arnold s’amuse également à exploiter les bords de l’écran Superscope mais, non pas uniquement sur les bords gauche-droite comme il était coutume à l’époque, mais aussi sur le haut et le bas de l’écran, symbolisant par le vide opaque des fonds aquatiques la frontière infranchissable qui sépare la créature du monde des hommes.

Concernant le traitement 3D, le film gagne une seconde jeunesse principalement dans ses scènes sous-marines qui rappellent que le cinéma en relief réclame parfois une simplicité dans la mise en scène pour fonctionner de manière optimale. Autant dire que cette reprise de L’Etrange créature du Lac Noir est un plaisir d’horreur vintage dont on aurait tort de se priver.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».