Critique de The Fourth Dimension [L’Etrange Festival 2012]

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The Fourth Dimension

De Harmony Korine, Aleksei Fedorchenko et Jan Kwiecinski

Avec Val Kilmer, Rachel Korine et Darya Ekamasova

Pologne/Etats-Unis/Russie – 2012 – 1h22

Rating: ★★★☆☆

La quatrième dimension. Pas la série télé des années 60 mais bien la quatrième dimension de notre univers perceptible, c’est-à-dire le temps. Voilà donc le thème qui a été imposé à trois réalisateurs de nationalités différentes, chacun chargé de concevoir un court-métrage sur la question. Le résultat mis bout à bout donne un long-métrage hybride, The Fourth Dimension, présenté en première française à l’Etrange Festival, qui segmente les trois œuvres par des interludes rappelant les différentes contraintes scénaristiques imposées à ses réalisateurs.

Grande guest à ouvrir ce faux film à sketches, le réalisateur indé Harmony Korine fait appel à Val Kilmer, beautiful loser du système hollywoodien dans son propre rôle. Son cynique Lotus Community Workshop présente la star has been reconvertie en conférencier New Age, mettant son auditoire en transe en déblatérant des conneries sur un ton galvanisant (« L’Univers c’est de la barbe à papa », ce genre de truc). En parallèle de ce prêchi-prêcha exalté, on suit Kilmer dans une vie quotidienne modeste et pépère, où l’on passe des heures à jouer à un jeu vidéo violent. Pour Korine, la quatrième dimension, c’est ce qu’on a envie de croire, comme un concept fourre-tout propre à de la métaphysique de comptoir, utilisée sans scrupule par ce Val Kilmer d’une réalité parallèle. Plutôt réussi pour l’acteur qui prouve, après Twixt, qu’il n’est pas complètement exsangue.

 

Chronoeye du réalisateur russe Aleksei Fedorchenko (Le Dernier voyage de Tanya) s’impose comme l’exercice le plus abouti. Un scientifique veuf construit une machine pour filmer des images du passé mais il ne capte que des bribes sans intérêt. Comme Lotus Community Workshop, Chronoeye invite à prendre les questions métaphysiques avec recul car à trop chercher le sens de la vie, on risque de passer à côté de la sienne. La rédemption du scientifique viendra de l’amour qu’il finit par porter à sa jolie et bruyante voisine, celle-là même qui l’empêchait de se concentrer sur ses recherches.

On sera plus réservé sur Fawns du jeune réalisateur polonais Jan Kwiecinski où quatre teuffeurs arrivent dans un village déserté dans une région soumise à des inondations cataclysmiques et où l’un d’eux va disparaitre. Avare en dialogues, l’ensemble choisit de rester volontairement flou. Peut être trop pour avoir quelque chose de vraiment intéressant à raconter. On regrettera donc que The Fourth Dimension se referme sur son segment le plus faible mais on ne boudera pas pour autant le plaisir cinéphilique de cette sympathique expérience cinématographique.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».