Critique de Subconscious Cruelty [L’Etrange Festival 2012]

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Subconscious Cruelty

 

De Karim Hussain

Avec Brea Asher, Ivaylo Founev, Eric Pettigrew, Christopher Piggins

Canada – 2000 – 1h30

Rating: ★★★☆☆

 

On peut donner beaucoup de signification à l’art et on peut s’accorder à dire que l’art cinématographique est celui qui interroge le plus l’inconscient. De cette idée avancée, on peut aussi essayer de savoir si l’art peut nous aider de nous libérer de notre noirceur propre à notre humanité, qui a tendance à résider dans notre inconscient, mais comment…

Trois segments : une relation perverse entre un frère et une sœur, une orgie en pleine nature et un homme de la finance solitaire  semblant pieux mais regardant des pornos. Trois segments, pour essayer de décrire les idées et les sentiments les plus noires que peut engendrer notre relation à la réalité. Karim Hussain, double casquette réalisateur/chef opérateur, a pris la démarche incroyable, osé et courageuse de surcroît d’imprimer sur pellicule, les angoisses, les obsessions, les traumatismes et les cauchemars qu’il aurait pu percevoir ou ressentir. Et la première chose qu’on remarque est le sang, matrice de ces images mêlant religion, désir et mort. Le sang est essence, dans le film, partout, omniprésent, au départ comme à  l’arrivée. Est-ce pour souligner la violence innée de notre espèce ? Karim Hussain en savant fou des sciences humaines, montre un monde perdant son sens et sa substance, comme dit Jacques Lacan « Le réel est quand on se cogne ».

Et malheureusement on cogne sur ce film. En effet, bien que l’on peut percevoir du choc, de la provocation voire du scandale, ce qui n’est peut-être pas l’intention du film, on saisit et capte un problème de récit et de transition des segments. Cela donne par moments au film des allures de compilations voire d’accumulation d’images. Par conséquent le film respire mal, on se demande alors si le metteur en scène n’aurait pas dû séparer les segments en court-métrages distincts plutôt qu’un long-métrage. Certes nous ressentons du mysticisme, de l’absurde ou du surréalisme et aussi de l’expiation, bref de l’énergie négative, de la masse noire malaxé et contrôlé, pour nous faire réfléchir au plus profond de nous, mais le résultat est un tantinet trop baroque et vidéaste (montage mitraillette, profusion de gros plans, voix off plombante…).

C’est un film expérience à l’intention complexe, comment absorbé l’énergie négative de chaque spectateur afin qu’il n’ait plus ce genre d’idées et être en symbiose avec la réalité. Si vous aimez Pasolini, Gaspard Noé ou Quentin Dupieux, ça peut vous tenter, mais n’oubliez pas que c’est un défi à vous-même et à votre inconscient, que vous interrogerez par la suite.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…