Critique de Los Chidos [L’Etrange Festival 2012]

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Los Chidos

 

D’Omar Rodriguez-Lopez

Avec Kim Stodel, Maria de Jesus Canales Ramirez, Manuel Ramos

Mexique – 2012 – 1h34

Rating: ★★★★☆

 

Il est une famille au Mexique, proche de la frontière, qui ressemble à tout ce qu’il y a de plus normal. Un père gérant une casse-auto avec son neveu et son fils, une mère croyante limite bigote et deux sœurs dont une est forcément plus jolie que l’autre. A côté il y a un couple ami de la famille assez bizarre, surtout l’homme. Tous ces gens mènent leur vie le mieux possible, c’est-à-dire en ne faisant pas grand-chose, même pas leur travail, quand un mystérieux américain, semblant fortuné, demande à ce qu’on lui répare sa voiture…

Guitariste de l’ancienne formation At the drive-in et actuellement de The Mars Volta, qui n’est rien de moins que le groupe rock des années 2000 (donc si vous ne les écoutez pas c’est que vous n’écoutez pas du rock), Omar Rodriguez-Lopez réalise une farce absurde sur son pays d’origine, le Mexique et sa relation avec les Etats-Unis. Il dissèque des liens familiaux à la limite du supportable, en évoquant l’inceste, le problème de l’homosexualité dans un pays très pieux et même l’amour vache pour ne pas dire sadomasochiste. En effet, il se peut que la pauvreté des gens bêta influent une paresse divine et une attitude lubrique (adultère). Mais Omar Rodriguez-Lopez est intelligent, il met de la distance par le biais d’un humour teinté de non-sens où l’on rit jaune ou noir.

D’une voix off originale, on se prend de sympathie de cette famille qu’on aimerait ne pas avoir comme voisins, cette famille qui prend cet américain perdu comme une vache à lait. Ce touriste ou autre chose, Kim, a du mal avec les us et coutumes de l’endroit où il est arrivé, mais embarque le train tant bien que mal, déjà qu’il ne parle pas espagnol et que la famille ne parle pas anglais. Ces rapports Etats-Unis – Mexique passent par le sport, le bowling qui est le sport beauf américain par excellence, mais aussi la nourriture (le tacos bien gras) et l’alcool qui fait mal à la tête. Et de plus, le récit est installé dans un esthétisme très coloré où les marques de genre sont les arnaques à la petite semaine, le kidnapping (chose courante et problématique au Mexique) tourné en ridicule ainsi que la figure du Spring Break, vous savez, les vacances des jeunes à Cancun.

SI les premiers écrits médiatiques parlaient du film comme un mélange du cinéma de Fassbinder et de Jodorowsky, à mon sens j’ai regardé un mélange de Takashi Miike et d’Emir Kusturica, où dans le libéralisme actuel, on n’est prêt à tout pour défendre un petit chez soi, mais vraiment tout petit  et aussi qu’on ne recule devant rien pour obtenir la meilleure viande…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…