Critique de La Route

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Rating: 4.5/5 (6 votes cast)

The Road

 

De John Hillcoat

Avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-Mcphee, Charlize Theron

Etats-Unis – 2009 – 1h45

Rating: ★★★★★

Il y eut quelque chose, comme un éclair, puis il n’y eut plus rien : plus d’animaux, plus de végétation, plus de récolte possible, plus de carburant et des arbres qui agonisent. Les gens marchent à pied, traînant des chariots, ou sont devenus cannibales. Parmi ces survivants, un homme et son fils, allant vers le sud…

Adapté du roman de Cormac McCarthy, nous sommes plongés dans un monde post-apocalyptique loin de la pose rock de Mad Max ou de Waterworld. C’est un monde sans couleurs, seulement une infinité de gris nuancé, à l’ambiance lourde car le danger semble à chaque pas. Grâce une esthétique de la ruine très bien travaillée, des plans d’ensemble à la limite de tableaux de nature morte macabre, le père et son fils affrontent la nature la plus sauvage : quand l’homme retourne dans la boue. En effet le cannibalisme devient la ligne jaune à ne pas franchir (la scène de la cave fermée, de la maestria), mais ce n’est pour autant qu’on peut espérer en autrui, l’enfer c’est les autres…

 

 

C’est aussi un film d’apprentissage, car le jeune fils n’a connu le monde d’avant, seulement par les paroles de ces parents et ce qu’il apprend surtout, c’est la survie en affrontant la faim et la violence la plus crue. Et de ses yeux d’enfant il ne comprend pas toujours son père, cela amène à des situations de réflexions intéressantes, comme la punition qu’on peut faire à un voleur ou aider un vieil aveugle, donc l’enfer c’est les autres surtout pour son père. D’où la répétition du fils que lui et son père sont des gentils des gens bien, mais si cela ne veut plus rien dire dans l’immensité vide de ce monde filmique en ruines. Et la survie engendre un jeu de pistes entre les survivants (« vous nous suivez ? Non c’est vous qui nous suivez »), pouvant mener à un duel rappelant le western.

Un film fort, brillamment interprété, sans pathos ni pessimisme jusqu’au-boutiste, bien meilleur que Les hommes sans loi, en même temps on dit de Cormac McCarthy qu’il serait le meilleur écrivain américain…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…