Critique de Henge

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Henge: Kanzen-ban

de Hajime Ohata

avec Kazunari Aizawa, Aki Morita et Teruhiko Nobukuni

Japon –  2011 – 0h53

Rating: ★★★★☆

Moyen métrage présenté dans le cadre des Inédits de l’Etrange Festival, Henge a pourtant bien sa place dans ces festivités. Véritable film vintage, à la manière des Grindhouse et de Hobo with a Shotgun, le film nous présente une étrange romance basculant dans l’Horreur, dans laquelle évolue Yoshiaki, frappé de crises inexpliquées durant lesquelles son corps se modifie, et sa femme Keiko, victime collatérale de ces symptômes.

Hommage avoué au bis, aux films de métamorphose et de monstres japonais, Henge, malgré sa courte durée, prend le temps de faire progresser son intrigue et les liens unissant ses personnages, tout en nous emmenant vers des chemins insoupçonnés. Portées en grande partie par Kazunari Aizawa, acteur vu dans Dolls interprétant Yoshiaki, les scènes de crise sont habilement réalisées, le réalisateur s’appuyant sur le jeu solide de son acteur, dont les convulsions et autres hurlements glace le sang, tout en ne rougissant pas de ses effets spéciaux low budget et de ses prothèses dignes d’un cosplayer débutant.

Là est tout le charme d’Henge, il ne se contente pas de copier, de reproduire le style des films de genre dont il se revendique, mais de faire son film à la manière d’un bis, lui conférant ainsi la même couleur. C’est peut être en ça que Hajime Ohata tire le mieux son épingle du jeu, réussissant contrairement à Jason Eisener ou Roberto Rodriguez, à dépasser le stade de la bonne copie, du simple exercice de style. Il arrive souvent de voir des longs métrages en se disant qu’ils auraient pu être des courts. Dans le cas d’Henge, c’est un moyen métrage qui avait de quoi tenir un long. Mais c’est probablement la faute d’un budget trop maigre devant ce que Ohata aurait pu développer, s’il avait pu approfondir ses thématiques.

Délirant sans jamais être risible, Henge demeure l’un des meilleurs exemples de la persistance de la tendance vintage dans le cinéma de genre. Son caractère grotesque, son amour des SFX à l’ancienne, et d’un cinéma fauché mais toujours inventif n’est pas sans rappeler d’autres productions nippones actuelles… En somme, une graine de Sushi Typhoon, mais pas produit par Sushi Typhoon. On déplore d’autant plus sa courte durée que son format le rendra difficilement distribuable.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.