Critique de Headhunters

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Hodejegerne

De Morten Tyldum

Avec Aksel Hennie et Nikolaj Coster-Waldau

Norvège/Allemagne – 2011 – 1h40

Rating: ★★★★☆

Roger Brown est un chasseur de têtes pour le compte d’une grande entreprise. Menant une double activité, il maintient son train de vie de millionnaire en dérobant, avec l’aide d’un complice, les tableaux de valeur appartenant aux riches cadres qu’il auditionne. L’un d’eux, Clas Greve, ancien militaire reconverti dans les nanotechnologies de géolocalisation, possèderait un tableau de Rubens estimé à des millions. Mais lorsque Brown découvre que sa femme le trompe avec Greve, son plan commence à déraper, d’autant plus qu’on cherche également à le tuer. Le chasseur de têtes va ainsi devenir la proie d’un plan encore plus machiavélique que le sien.

Film d’ouverture de la dix-huitième édition de l’Etrange Festival (précédé de l’excellent court-métrage Wrong Cops : Chapter 1 de Quentin Dupieux), Headhunters confirme la bonne santé du cinéma de genre scandinave. S’il semble suivre dès ses premières minutes les routes glacées des thrillers moraux en mode Millenium, cette adaptation du best-seller norvégien de Jo Nesbø finit par s’orienter vers le Néo-Noir qui part en vrille, façon frères Coen. Ainsi, la tragi-comédie de cette traque d’un mec couvert de merde poursuivi par un chasseur playboy (Nikolaj Coster-Waldau alias Jaime Lannister dans Game of Thrones) n’est pas sans rappeler celle de No Country for Old Men, où il était aussi question d’un chasseur pistant sa proie avec un émetteur. On retrouve également le même goût pour les morts absurdes des personnages secondaires, le plus souvent liées à leur propre connerie (Fargo n’est pas loin non plus), donnant à Headhunters une tonalité finalement bien plus décontractée que les thrillers nordiques habituels.

A défaut de chercher la complexité, le réalisateur Morten Tyldum préfère privilégier la montée progressive du rythme dramatique, quitte à passer assez confusément sur les motivations du grand méchant de l’histoire. Porté de bout en bout par Aksel Hennie, acteur norvégien rappelant tout autant la froideur de Mads Mikkelsen que les personnages pathétiques de Steve Buscemi, Headhunters pourrait bien devenir un petit film culte pour peu qu’il soit distribué rapidement. Un effet Morse n’est donc pas à exclure, surtout lorsque l’on sait qu’un remake hollywoodien est déjà prévu.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».