Critique de God Bless America

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God Bless America

De Bobcat Goldthwait

Avec Joel Murray et Tara Lynne Barr

Etats-Unis – 2011 – 1h45

Rating: ★★★★☆

Cadre médiocre fraichement remercié, porteur d’une tumeur au cerveau, divorcé, père d’une petite peste qui refuse de le voir… Frank (Joel Murray, accessoirement frère de Bill) possède la panoplie du parfait looser, tout droit sorti d’un film des Frères Coen. Pris en otage par une vie ponctuée d’échecs, il subit son train-train quotidien, sans réaction… ou presque. Seul électrochoc : la culture de masse, et la médiocrité contagieuse qu’elle disperse, par le biais de la télévision ou de la radio. Alors plutôt que se faire sauter le caisson, Franck décide de s’attaquer à tous ceux qui la véhicule, ces dealers de sous-culture, ces témoins de Jéhovah du mauvais goût. La première victime est ciblée : une jeune « héroïne » de la télé-réalité, histoire de se faire la main… La croisade peut commencer.

C’est avec ce premier acte de bravoure que le film se lance véritablement. Cette scène hilarante, rythmée par School’s Out d’Alice Cooper, permet la rencontre de la jeune Roxy (Tara Lynne Barr), qui complétera le duo de choc. Réalisé avec peu de moyens, God Bless America repose beaucoup sur ces deux personnages schizophrènes. La gamine, a priori propre sur elle, se transforme rapidement en Calamity Jane, et sous les airs de gros marshmallow de Franck, se cache le fils caché de Stéphane Hessel et Charles Manson. Une sorte de Travis Bickle (Taxi Driver) des années 2000 ; un indigné qui perd la boule.

Servi par des dialogues aux petits oignions, le tandem fonctionne parfaitement, et donne une vraie crédibilité à cette quête meurtrière absurde. Une crédibilité qui met même, par moment, mal à l’aise, tant la violence est froide, réaliste, mais le ridicule de la situation reprend toujours le dessus et finit par arracher un sourire mérité. Un équilibre toujours maitrisé, qui évite au film de sombrer dans la comédie potache ou dans le sordide. Le road trip sanguinolent, se poursuit jusqu’à un final complètement amoral, et donc, forcément jubilatoire.

 

Zelig

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About Zelig

Curiosité de la nature et énigme pour la science, Zelig possède la faculté de se fondre au décor en toutes circonstances. Les scientifiques se sont résignés à interrompre tous tests, jugés trop dangereux, lorsque « l’ homme-caméléon » s’est transformé en étron après avoir été trop longtemps exposé à un film de Christophe Barratier. Ce furent les deux pires minutes de l’existence de cet Zelig, qui pour tenter d’oublier, fut contraint de trouver refuge dans l’alcool. Reconverti pilier de bar bénévole, vous pouvez croiser cet étrange énergumène, au détour d’une virée nocturne.