Critique de Dredd 3D

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Dredd 3D

De Pete Travis

Avec Karl Urban, Olivia Thirlby et Lena Headey

Etats-Unis/Royaume-Uni/Inde – 2012 – 1h35

Rating: ★☆☆☆☆

En 1977, le punk investissait le monde des comics avec Judge Dredd, superflic d’un monde fasciste où des millions d’individus s’amassent dans des mégapoles gigantesques. Baptisé en hommage à un groupe de ska, le personnage créé par John Wagner et Carlos Ezquerra inspirera fortement RoboCop de Paul Verhoeven et se verra enfin adapté à l’écran pour la première fois en 1995 dans un film décevant avec Sylvester Stallone.

Présenté en clôture de la dix-huitième édition de l’Etrange Festival, cette nouvelle version se veut plus proche de la violence originale du comics. Interprété par un Karl Urban qui n’enlève jamais son casque, Judge Dredd doit faire passer une évaluation à une jeune recrue télépathe, Anderson. Enquêtant sur un règlement de compte entre gangs, les deux policiers se retrouvent enfermés dans une tour gigantesque pleine de tueurs à leur trousse. Au sommet de la tour, la terrible Ma-Ma, qui fabrique et distribue une drogue nommée Slo-Mo, supervise la traque à partir de caméras quadrillant tout le bâtiment. Pour Judge Dread et Anderson, la seule issue est de remonter la tour en canardant à tout va pour le combat final avec la Ma-Ma.

On a rien contre le fait qu’un personnage aussi culte que Judge Dredd puisse bénéficier d’un nouveau traitement. La pauvreté du précédent méritait effectivement une nouvelle exploitation. Solide comme un roc, Karl Urban donne la dimension monolithique nécessaire à son personnage, quitte à limiter son jeu par une semi-torsion de la bouche. La violence s’accorde aux décors et les vues aériennes de Mega-City One semblent avoir retenu la leçon des Batman de Christopher Nolan. Sur la forme, le réalisateur Pete Travis (Angles d’attaque) parvient donc à construire un univers futuriste convaincant, s’autorisant quelques très bonnes scènes mentales lors des prises de drogue ou de la sonde des esprits par la télépathe.

Pour l’histoire en revanche, on a la désagréable impression de voir un calque de celle de The Raid. Palimpseste ou pas, les similitudes sont tellement nombreuses que l’on finit par se demander si ce nouveau Dredd ne relève pas de la simple fumisterie. Si l’on prend également en compte des scènes d’action guère inventives et une grande méchante qui semble sortie de la cuisse d’un Luc Besson ou d’un Paul W.S. Anderson, on relativisera donc notre enthousiasme sur cette débauche de violence finalement vaine car loin d’atteindre l’aspect subversif de l’œuvre originale. Dans le genre, Paul Verhoeven a déjà tout fait en mieux et depuis longtemps.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».