Critique: Dead Shadows

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.0/5 (3 votes cast)

.

 

Dead Shadows

De David Cholewa

Avec Fabian Wolfrom, Gwendolyn Gouvernec, John Fallon et Rurik Sallé

France – 2012 – 1h15

Rating: ★★☆☆☆

 

Présenté en première mondiale à l’Etrange Festival, Dead Shadows était particulièrement attendu, ne serait-ce que pour son affiche excellente pleine de brume et de tentacules, dévoilée il y a plus d’un an, qui laissait espérer un film d’horreur français déjanté sous influences hautement respectables (H.P. Lovecraft, Stephen King, John Carpenter). Il faut rajouter à cela la présence de Rurik Sallé de Mad Movies au générique et du duo Ducasse-Peteul (les réalisateurs de l’excellent Dark Souls) au montage pour comprendre que c’est avec un œil des plus bienveillants que j’abordais ce film d’invasion de zombies tentaculaires.

Dès les premières scènes, Dead Shadows prend plaisir à montrer sa comète maléfique filer à travers l’Univers, semblant hurler comme un monstre lovecraftien. Cette mise en place ancrée dans l’horreur cosmique suffit amplement à faire accepter le postulat d’une contagion mutante, renforcé par des effets spéciaux corrects pour ce type de budget. Mais malheureusement, le scénario ne parvient pas à trouver d’idées intéressantes à développer par la suite. Les rares gags sont très faibles en dehors des scènes de dragues du film qui restent paradoxalement les plus réussies. Côté déjante, on repassera.

Au niveau horrifique, ce n’est pas mieux. Si le réalisateur David Cholewa réussit dans un premier temps à évoquer le Cronenberg des premières heures (on pense à Frissons), il ne parvient pas à tirer une scène vraiment intéressante lorsque son intrigue commence à s’emballer et que les monstres pullulent. Loin d’être à la hauteur, la mise en scène devient automatique et convenue là où on attend justement plus d’invention et de tension dans les scènes d’horreur. Le héros a peur du noir ? Il sera bien le seul puisque Dead Shadows refuse d’utiliser le moindre ressort des genres horrifiques qu’il aborde (épouvante, survival, zombie), préférant sacrifier de longues minutes à creuser le background son personnage principal plutôt que de nous le montrer en train de trancher des tentacules. On peut invoquer l’absence de moyen. On rétorquera que cela n’excuse en rien le manque d’imagination. Beaucoup moins fun que son affiche, Dead Shadows rappelle une nouvelle fois que les bonnes intentions ne suffisent pas à faire de bons films.

 

The Vug

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».