Critique: A Fantastic Fear of Everything [L’Etrange Festival 2012]

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A Fantastic Fear of Everything

de Crispian Mills et Chris Hopewell

avec Simon Pegg, Paul Freeman, Clare Higgins et Amara Karan

Grande-Bretagne – 1h40 – 2012

Rating: ★★☆☆☆

Pop star des années 90 avec son groupe Kula Shaker, Crispian Mills se lance ici à la fois dans l’écriture de scénario et dans la réalisation, avec cette comédie de genre, A Fantastic Fear of Everything, portée par un Simon Pegg qu’il est toujours plaisant de retrouver sur sa terre natale, surtout lorsqu’il s’agit d’y faire le pitre. On s’attend donc à retrouver cet humour subtil et ce goût de l’absurde si chers à nos voisins d’Outre Manche.

Partant d’une idée fort originale, celle d’un écrivain pour enfants tentant une reconvertion en travaillant sur un livre sur les serial killer du XIX ème siècle et finissant par souffrir d’une peur maladive de tout suite à ses recherches, A Fantastic Fear of Everything s’ouvre comme une histoire de Poe, entourée de mystère et de ténèbres. Mais ce gothisme urbain est rapidement délaissé au profit d’une trame plus farfelue, alternant scènes d’introspection apeurées de Jack et plongées dans un univers plus enfantin, celui des livres qu’il a écrit, et celui de son enfance traumatisée.

Misant à fond sur la bonhommie naturelle et le talent comique de son acteur principal, Crispian Mills pêche néanmoins par son scénario, trop décousu et fouillis, perdant rapidement son spectateur, au gré d’une succession de scènes enchaînées maladroitement, sans cohérence, qui font péniblement avancer l’intrigue. Lançant plusieurs pistes sans les aboutir, Mills semble multiplier les idées mais s’entête à ne les exploiter que dans une ou deux scènes, n’approfondissant aucun personnage, les poussant à la caricature ou les esquissant brièvement. Ce manque de rigueur et de clarté dans la construction et la progression de l’histoire rendent le résultat confus et brouillon.

 

Cependant, la réalisation demeure très correcte,  Mills tentant d’explorer plusieurs univers visuels, et parvenant par moment à exécuter des scènes abouties (le peur nocturne, l’histoire du hérisson). Mais la diversité de chaque séquence rend là encore l’ensemble trop disparate pour être cohérent et n’est pas assez fou pour être délirant. Simon Pegg reste irréprochable, aussi difficile soit-il de faire rire avec des dialogues tombant le plus souvent à plat, mais confirme l’intuition éveillée depuis Cadavres à la Pelle, qu’au final, son talent ne se révèle réellement que s’il participe à l’écriture du scenario. Probablement ce qui aurait sauvé A Fantastic Fear of Everything.

Phénomène éphémère de la Brit Pop, Crispian Mills multiplie les erreurs de débutant pour son premier film, A Fantastic Fear of Everything. Noyant sa trame dans une accumulation de scènes sans cohésion les unes avec les autres, découpées comme des clips avec chacune sa particularité propre, Mills compte un peu trop sur son acteur principal pour combler les fissures, mais ne parvient au final qu’à prouver qu’il aurait dû l’employer également comme co-scenariste. Vivement que Pegg retrouve son pote Edgar…

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.