Critique de 25 Novembre 1970 : Le jour où Mishima choisit son destin

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11·25 Jiketsu no hi: Mishima Yukio to wakamono-tachi

De Koji Wakamatsu

Avec Arata, Shinobu Terajima, Hideo Nakaizumi

Japon – 2012 – 2h

Rating: ★★★★☆

Jeune étudiant des années 60, Masakatsu Morita souhaite étudier dans la même faculté que le futur Premier Ministre du Japon. À peine arrivé, il s’enrôle dans une association à tendance nationaliste qui lutte contre les grévistes sympathisants gauchistes. Au même moment, l’écrivain célèbre Yukio Mishima vient de publier La voix des morts héroïques

Koji Wakamatsu réalise et écrit son dernier film comme une partition de musique, entendez par-là repos-mise en tension-tension et repos de nouveau pour la fin. D’ailleurs, le thème musical est joué au piano, peut-être que ça se ressent mieux, seule marque de musique du film avec le sens du rythme du montage. En effet, la tradition, le rituel et le cérémonial permettent un certain ballet propre à la culture japonaise, comme leur théâtre particulier par exemple. Cela est appuyé par un esthétisme sobre, avec peu de couleurs et plutôt des couleurs froides et sombres excepté le rouge sang, mais aussi une prise de vues à caméra haute définition, qui permet d’admirer les décors naturels extérieures tel des toiles de peinture, notamment les plans larges du mont Fuji. C’est une expression brute des éléments, de là à parler de dramaturgie de la nature non plus, en contraste avec la sobriété des personnages, qui n’ont jamais un geste de trop, comme les sabreurs dans les temps anciens.

 

 

La figure du sabreur est omniprésente tout au long du film, dès le début du film Mishima reçoit un katana. De plus on ne verra jamais ces hommes ainsi que Mishima, enrôlés dans les Forces de l’Autodéfense car le Japon ne peut pas encore avoir une armée dans les années 60, avec une arme à feu à la main. On peut avancer que les samouraïs étaient le soldat des shoguns, un ancien système gouvernemental militaire utilisé le plus souvent lors de guerre plutôt que les politiciens. Et on peut remarquer aussi que les années 60 avec le début des années 70 jusqu’aux chocs pétroliers, sont les derniers marques de l’Histoire s’écrivant, jusqu’à 2008 et la crise. Oui il faut avoir conscience que l’Histoire est en train de s’écrire maintenant, plus qu’à l’époque du 11 septembre 2001. Revenons au film et on constate que les années 60 au Japon, comme en Allemagne, en France ou aux Etats-Unis, il y eût une tentation marxiste face à la mutation de la société qui va bientôt devenir la société de consommation. Mais Mishima n’est pas de côté, il a une attitude rappelant la frustration des allemands après 14-18 (il répète sans arrêt sa loyauté à l’Empereur, celui qui a dit arrêter la guerre pour le bien de son pays et pas parce-que le Japon n’avait aucune échappatoire), combiné au rejet de ce monde nouveau. En même temps, si on y réfléchit bien, quel autre pays que le Japon incarne le mieux la dualité tradition/modernité ? Les jeans côtoient les kimonos encore maintenant, de même que les cérémonies de thé ou les geishas…

Le réalisateur établit un bon discours argumentatif maîtrisé qui peut montrer Mishima en brillant homme de lettres, mais politiquement un réactionnaire fini, pourtant ne dit-on pas qu’un artiste anticipe ou est en accord avec son temps ?

 

Hamburger Pimp

 

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Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…