No country for old men, l’aboutissement ultime du western?

 

 

No Country for old men

De Joel et Ethan Coen

Avec Javier Bardem, Tommy Lee Jones, Josh Brolin

Etats-Unis – 2007 – 2h

J’avais trouvé Burn After Reading un peu surfait, pas suffisamment drôle, A serious man pousse trop dans l’absurde mais la vraie énigme des derniers films des deux frères les plus connus du cinéma est le remake de True Grit. Pourquoi avoir fait ce projet après avoir mis en scène le western le plus actuel et postmoderne qu’est No Country for old men.

En effet, une chevauchée vers l’ouest, menant jusqu’au Mexique, un butin d’argent plus que suffisant et des paysages vides, désertiques révélant la nature sauvage, tous les éléments basiques du western. Josh Brolin joue le cowboy un peu benêt, qui se retrouve dans une histoire qui le dépasse mais sait manier les armes à feu, Javier Bardem en méchant qui tue autant par intérêt que par plaisir, n’a pas besoin de chapeau et Tommy Lee Jones semble être un shérif totalement dépassé, le vieil homme en question ? C’est possible car ce vieil homme incarnera la confrontation tradition/modernité, propre aux problématiques du genre. Ajoutez à cela que le personnage de Josh Brolin est un vétéran du Vietnam.

 

 

Si c’était l’or dans les films d’époque, l’argent est devenu roi dans notre modèle sociétale capitaliste (un gosse ayant fait son spring break au Mexique n’hésite pas à demander comment Josh Brolin est prêt à payer son t-shirt pour passer inaperçu), donc plus de places pour les duels au soleil mais une mêlée de toutes parts, en ville qui plus est. Il fallait obligatoirement de l’urbanité pour boucler le genre américain par excellence, pourtant le protagoniste principal vit dans une caravane dans le désert. La ville, lieu faussement calme et propice au siège, comme le montra le film, d’ailleurs pourquoi le héros pense pouvoir se cacher en ville ? Cela ne renforce qu’une ambiance claustrophobe les personnages s’enferment dans des chambres d’hôtel, sauf que ces chambres n’appartiennent à des saloons. D’ailleurs les cafétérias ou les « dinners » ont remplacé les saloons, économie de marché oblige car c’est plus facile à franchiser et à distribuer. On fuit le soleil car il annonce la violence du film, tel les anciens westerns, vrai ? De plus Les voitures deviendront mêmes un moment sans aucune utilité, les personnages s’en vont à pied.

C’est mis en scène de façon lente mais précise, ça parle peu mais bien, à la limite du haïku et surtout pas de surplus. Si le western essaie ou essayait de décrire les mutations sociétales et économiques des Etats-Unis, le film des frères Coen montre qu’il est maintenant trop tard, on ne pourra que réagir pour l’instant. C’est peut-être pour ça qu’eux-mêmes ont du mal à sortir de l’onde de choc de ce chef d’œuvre…

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…