Critique Abraham Lincoln : Chasseur de vampires

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Abraham Lincoln : Vampire Hunter

De Timur Bekmambetov

Avec Benjamin Walker, Dominic Cooper, Anthony Mackie et Mary Elizabeth Winstead

Etats-Unis – 2012 – 1h45

Rating: ★★☆☆☆

A la base, il y a un roman, Abraham Lincoln, chasseur de vampires de Seth Grahame-Smith, paru il y a deux ans, qui imaginait le seizième président des Etats-Unis traquant les morts-vivants pour venger la mort de sa mère. Entre biographie historique et roman fantastique, le bouquin a bénéficié d’un succès fulgurant à sa sortie au point de devenir l’œuvre-phare de la littérature mashup. Ce qui vaut à Grahame-Smith d’être rapidement pris sous l’aile de Tim Burton qui souhaite produire l’adaptation cinématographique mais aussi bénéficier des talents d’écriture de son protégé pour son film Dark Shadows. Passée la douche froide du dernier Burton, on pouvait se demander si le style Grahame-Smith pouvait survivre aux contraintes rigides d’une grande production hollywoodienne. Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, le film, démontre aujourd’hui que l’auteur est bien plus à l’aise pour concevoir un scénario à partir d’un matériau qui lui appartient.

 

 

Réalisé par Timur Bekmambetov qui, après Wanted en 2008, signe son deuxième film hollywoodien, Abraham Lincoln : Chasseur de vampires ressemble à une saga filant en accéléré, alternant scènes d’action surchargée d’esbroufe et moments mélodramatiques sirupeux. Se scindant en deux parties, l’intrigue jongle avec ses composantes imaginaire et biographique, tentant de raccorder les enjeux de la petite histoire (la lutte contre les vampires) aux données de la grande Histoire (le combat contre l’esclavage et la Guerre de Sécession qui s’ensuit). La première partie, présentant Abraham Lincoln en jeune avocat militant, ancre le film dans sa dimension horrifique tandis que la seconde se veut bien plus épique en plaçant le président vieillissant face à une armée de Sudistes composée de vampires. Mais d’un bout à l’autre, Abraham Lincoln reste iconisé à l’extrême, à la fois comme héros des Etats-Unis mais aussi comme super-héros tout court. On peut ainsi apprécier cette approche très BD même si elle annihile toute profondeur au personnage de Lincoln, réduite à la seule détermination d’un homme sous le poids de ses quêtes.

Si le travail de Bekmambetov reste à la hauteur de ce que l’on peut attendre de sa part (c’est-à-dire du sous-Zack Snyder), le résultat final souffre d’une tonalité trop sérieuse là où l’œuvre de Seth Grahame-Smith s’était distinguée en grande partie par son humour. Il aurait fallu pousser plus loin le délire pour que l’on adhère pleinement à cet Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, blockbuster aussi sympathique que superficiel.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».