Critique de The Dark Knight Rises

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Rating: 3.8/5 (4 votes cast)

The Dark Knight Rises

 

De Christopher Nolan

Avec Christian Bale, Anne Hathaway, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt…

Etats-Unis, Royaume-Uni – 2012 – 2h44

Rating: ★★★★★

8 ans après la mort d’Harvey Dent dont le meurtrier désigné est devenu Batman par la force des choses, Bruce Wayne vit maintenant en ermite dans son manoir reconstruit, boitillant et se morfondant de son amour perdu. Oui, Gotham City n’a plus besoin de Batman et donc plus besoin de Bruce Wayne. Mais un mercenaire masqué, traquant un scientifique dans les plaines eurasiennes, s’intéresse de près de près à la ville, il se prénomme Bane…

Dans une mise en scène d’altitude et de hauteur, Gotham City est le miroir de New York City avec ses gratte-ciels, appuyé par le nouveau joujou du héros chauve-souris, la « Bat », Christopher Nolan réfléchit dans un premier temps sur le poids du temps. En effet Bruce Wayne, héros déchu espère toujours qu’on ait besoin de lui, alors que tout son corps est meurtri, son âme et son cœur sont en peine. De même que Gordon ne supporte plus l’idolâtrie envers Harvey Dent et veut faire éclater la vérité. Face à eux, des nouveaux personnages en miroir déformant. John Blake, flic, lui aussi orphelin incarnant l’espoir et l’élévation (à nouveau un excellent second rôle de Joseph Gordon-Levitt chez Nolan après Inception), tandis que Selina Kyle, est un personnage très terre à terre : si le monde est sournois, elle est devenue aussi pour survivre en espérant quand même quelque chose…repartir de zéro.

Quant au méchant, impressionnant de monstruosité et de férocité, filmé quasiment tout le temps en contre-plongée, Bane se montre bien plus qu’un corps musclé « la force de conviction » dira Alfred. Il permet d’incarner la réflexion anarcho-nihiliste, entamée dans le précédent volet par le Joker joué par feu Heath Ledger. D’abord un chaos urbain, l’enchaînement d’explosions dans Gotham jusqu’au stade de football américain (le Super Bowl, finale de championnat de ce sport, reste l’évènement le plus médiatisé des Etats-Unis), pour enchaîner sur un chaos social, entre révolution marxiste et désobéissance civile. On érige une vengeance envers les riches qui s’octroient le pouvoir, contre la corruption de l’administration, ce qui est l’écho d’une rage de notre réalité. En effet, la montée de l’extrême droite en Europe, les mouvements tels que « Occupy Wall Street » ou les « Anonymous » sont le résultat d’une fracture entre ceux qui nous dirigent et nous les gens, le peuple, ainsi que l’élite devenue un mirage. On voit alors les gens s’allier aux anciens détenus devenus l’armée officielle de la ville.

Alors ce nouveau Gotham devient une république-prison à ciel ouvert, les procès sont inéquitables, on exhibe des pendus, comme celle où est enfermé Bruce Wayne-Batman, à l’agonie, face à la perdition de sa ville, voilà son châtiment, les vraies ténèbres, pas juste celle d’une teinte d’un costume. Ce qui nous amène à l’interrogation principale du troisième volet, le sacrifice de soi, Catwoman crie à toute voix à Batman qu’il ne doit rien à la ville, mais juste le choix de devenir Batman prouve que non, et même si le début du film s’oriente plus vers une volonté de mourir au combat pour Bruce Wayne. Mais que fait-on des héros aujourd’hui ? On leur érige une statue, on leur organise un enterrement en grande pompe et tout le monde applaudit. Chez nous on a fait de l’enterrement de l’Abbé Pierre un évènement, mais est-ce que ses préceptes et son discours ont été repris par nos dirigeants ? Il y eût la même chose pour l’enterrement de Raymond Aubrac, et on peut se poser la même question que pour l’Abbé le plus célèbre de France, vous verrez cela dans Batman… Bref, un magnifique feu baroque, une fresque épique postmoderne et urbaine, de ce qui est et sera le blockbuster de l’année.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…