Les Super-Vilains dans la franchise ciné de Batman




Que serait un super héros sans super vilain ? En matière de némésis, le Chevalier Noir n’est pas en reste. Au fil des décennies, ses antagonistes se sont multipliés, laissant un large choix aux scénaristes d’Hollywood pour piocher dans ce panel impressionnant de bad guys.

Pourtant, et ce, après sept films, les super vilains transposés sur grand écran peuvent se compter sur les doigts de la main, là où les séries animées et OAV s’efforçaient d’en présenter le plus possible. Outre la horde de gangsters qui gangrène Gotham, à l’image de Carmine Falcone et Victor Zsasz dans Batman Begins, et de Salvatore Maroni dans The Dark Knight, les films de Batman s’attardent davantage sur les Super-vilains, les freaks. Petit tour d’horizon de ces méchants en costumes.


Le Joker

 

Le premier à être mis en scène au cinéma, (hors le film 60’s avec Adam West où Catwoman et le Pingouin faisait office de vilains), l’originel selon Burton, fut le Joker. Présent depuis le premier comics, il demeure le plus célèbre des ennemis de l’homme chauve-souris. Ce personnage haut en couleurs et en démence, sera repris par Nolan pour son Dark Knight. Bouffon fantasque et rigolard chez Burton, psychopathe se définissant comme « agent du chaos » pour le britannique, le traitement très différent du personnage par les deux cinéastes illustre parfaitement le point de vue de chacun sur Batman.

Pour Burton, il est Jack Napier, assassin des parents Wayne, qu’une chute dans une cuve d’acide a transformé en clown/monstre de foire. Parvenant à être à la tête de la mafia, il tente de mettre Gotham à ses pieds en diffusant son gaz hilarant mortel, figeant le visage de ses victimes d’un rictus éternel.

Pour Nolan, le Joker n’a ni nom, ni passé.  Son visage arbore deux cicatrices à chaque coin de la bouche, dont les origines demeurent inconnues. C’est un psychopathe sans foi ni loi, n’ayant pour seule motivation que de rependre le chaos. Pour cela, il multiplie les actes terroristes, les meurtres de hauts dignitaires et pousse l’incorruptible procureur Harvey Dent à la folie.


Harvey Dent / Double Face

 

Présent dans trois des volets de la franchise, on retrouve pour la première fois le personnage d’Harvey Dent dans le premier film de 1989, Batman. Simple personnage secondaire (interprété par Billy Dee Williams, le Lando Calrissian de Star Wars), il n’est signalé qu’en tant que nouveau procureur, sans jamais être assimilé à son alter ego, Double Face.

A l’inverse, dans le Batman Forever de Schumacher, le passage d’Harvey Dent à Double-Face se fait de manière très rapide, sous la forme d’un reportage télé/flashback, où l’on voit Maroni lui jeter de l’acide au visage pendant son procès. Le film s’attarde donc peu sur le procureur pour laisser place libre au super vilain, un super vilain très « joker de Burton », vu que Tommy Lee Jones se trouve cantonné à faire le mariole, alignant les bons mots et les grimaces, comme un clown… Assassin des parents de Dick Grayson, c’est lui qui le poussera à devenir Robin, comme selon Burton, le Joker a créé Batman.

Mais la quintessence du personnage de Dent n’a au final été exploité que dans The Dark Knight, Nolan en faisant un égal de Batman, un chevalier blanc, pourfendeur de la pègre et défenseur de la Justice. Affligé par la mort de sa bien aimée, défiguré par le Joker, ce dernier parviendra à le corrompre, le faisant basculer dans une folie aveugle, le faisant devenir ainsi Double-Face. Profondément humain, Dent chez Nolan devient alors le symbole de la défaite de la guerre anti-crime que menaient jusqu’alors  avec succès Batman et Jim Gordon.


Catwoman

 

De toutes les femmes qui gravitent autour de Bruce Wayne, Selina Kyle/ Catwoman est probablement la préférée des spectateurs. Apparue en 1940, dès le premier comic book,  sublimée par le romantisme tragique qui sévit entre elle et Batman chez Burton, elle semble être la femme idéale pour Batman. C’est probablement la raison qui poussa Nolan à inclure son personnage dans son dernier volet, préférant toutefois la présenter en espiègle et agile cambrioleuse, plutôt qu’en freaks sexy revenue des morts à demi-folle. Dans les deux cas, elle reste une figure féminine majeure de la franchise.

 


Bane


A l’annonce de la présence de Bane dans The Dark Knight Rises, on ne pouvait qu’être étonné du choix de ce super vilain, surtout après  le Joker. Bane est un vilain plutôt récent, sa première apparition dans les comics datant de 1993. Et pourtant, ça n’empêche pas Schumacher quatre ans plus tard de l’inclure dans son Batman et Robin. Sbire décérébré de Poison Ivy, prétexte pour une bonne scène freaks (l’expérience qui le fait muter) et bon élément visuel crypto sadomasochiste, au final, Bane fait figure de plante verte dans le labo de l’Empoisonneuse. Mais chez Nolan, il devient un mercenaire, un chef de guerre à la tête d’une armée de kamikazes prêts à mourir pour lui. Bref, un vilain ultime, à la fois dictateur sanguinaire, brute épaisse, monstrueux sans être monstre de foire, surhomme mais homme quand même. Certes, la trace vivace de l’interprétation d’Heath Ledger et la popularité du Joker vous feront  sans doute préférer ce dernier à lui, mais il n’empêche que Nolan a réussi son pari, faire un vilain encore plus flippant que le précédent. Là où le Joker était un psychopathe solitaire, Bane lui, est davantage un gourou, avec une armée.

 


L’Epouvantail


Personnage des années 40, Jonathan Crane / L’Epouvantail officiait comme psychologue dans un asile psychiatrique, dont il a  été radié pour avoir fait des expériences sur ses patients. Il développe un gaz provoquant des psychoses chez celui qui l’inhale, se manifestant par des hallucinations cauchemardesques. Dans Batman Begins, Crane est avant tout le psy en charge d’Arkham, bossant de connivence avec la Pègre et Ra’s Al Ghul, avec qui il projette de gazer Gotham afin de faire sombrer la population dans la terreur.  Il est le seul super-vilain que Nolan fait apparaître dans ses trois volets.

 


Ra’s Al Ghul


 Chef de file de la Ligue des Assassins, organisation secrète ayant pour mission d’épurer l’Humanité de ses vices depuis des siècles, Ra’s Al Ghul apparaît  dans  Batman Begins, comme étant le formateur de Bruce Wayne, l’initiant aux Arts Martiaux et au combat dans le but d’en faire un membre de choix de la Ligue.  Les méthodes radicales de cette dernière poussent au final Wayne à déserter et à revenir à Gotham pour devenir Batman.  Figure première du questionnement de la Justice dans la trilogie de Nolan, ce personnage fort énigmatique incarne le dernier recours,  les pires moyens se justifiant par le résultat final.

 


Le Pingouin

 

Mis en scène dans Batman, le défi, Le Pingouin fut abandonné à cause de sa difformité physique par ses parents, son berceau jeté à l’eau et conduit dans les égouts de la ville par la rivière, où il fut élevé par les pingouins du zoo de Gotham. Recueilli par le gérant d’un cirque qui en fit un phénomène de foire, l’homme nourrit depuis l’enfance une haine farouche envers toute l’espèce humaine. Unique héritier de la famille Cobblepot, il kidnappe Max Schreck dans le but de prendre le pouvoir sur Gotham. Probablement le méchant le plus freak de la franchise, le Pingouin n’en reste pas moins l’image même du romantisme gothique si cher à Burton.


L’Homme Mystère

 

Les clowneries de Jim Carrey déferlant sur les 90’s, il n’y a rien d’étonnant à ce que Schumacher l’appela pour interpréter ce fêlé d’Edward Nigma. Egalement appelé Le Sphinx,  l’Homme Mystère résulte pour Schumacher du refus de Wayne de financer Nigma dans ses recherches sur les cellules cérébrales. Personnage burlesque dans la série, il apparaît également dans le film comme un vilain fantasque, amateur de devinettes et de charades, aimant particulièrement poser des dilemmes au héros. S’alliant à Double-Face, il parvient à lire les rêves de Wayne par le biais de sa machine, et comprend alors qu’il est Batman. Mais sa manipulation de neurones finira par se retourner contre lui et il échouera à Arkham, persuadé d’être le vrai Batman.


Poison Ivy


Présente dans Batman et Robin, experte en botanique, devenue devant la caméra de Schumacher une écolo facho de premier ordre, et campée par une Uma au comble du surjeu, Poison Ivy demeure l’une des rares femmes vilains de l’univers de Batman. Apparue dans les 60’s, elle matérialise à merveille l’intérêt naissant  de l’époque pour l’écologie et la sauvegarde des espèces végétales.   Néanmoins, Schumi oblige, le traitement qui lui est réservé dans la franchise se limite à celui de freaks dégénéré. Elle aussi, comme Catwoman chez Burton, revient d’entre les morts légèrement plus timbrée, ce qui donne lieu à de la grande caricature très mal amenée. Le film est tellement ridicule qu’il est difficile de dégager quoi que ce soit de son personnage, à part d’énormes clooneyries (je sais, elle est facile mais ca reste à l’image du film…)


Mr. Freeze

 

De la même manière que Poison Ivy,  Mr. Freeze apparaît d’avantage pour un freak bouffon que pour un super vilain foutant les pétoches à Batman, comme à nous.  Il faut dire qu’à la base Mr. Freeze n’est pas un super-vilain très important, ni très intéressant. C’est la série animé qui lui donne de la consistance et suscitera un regain d’intêret pour lui dans les comics. De simple sbire, il devient super vilain néo-romantique, ancien savant émérite ayant cryogénisé sa femme malade en attendant de pouvoir la guérir. Tombé dans des produits chimiques et dans la folie, il survit mais ne peut vivre au dessus de 0°. Du coup, il se balade en combi réfrigérante, ce qui a sûrement inspirer aux scénaristes de Batman et Robin la déferlante de jokes moisies qui sortent de la bouche de Schwarzy à chacune des ses apparitions.


Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.