La trilogie Batman de Christopher Nolan

 

 

 

Hier sortait le dernier volet de la trilogie Batman officié par le réalisateur anglais Christopher Nolan. Peu connu à l’époque du premier volet, il est devenu en quelques films, ajoutez à cette trilogie Le Prestige et Inception, un des meilleurs metteurs en scène au monde. À travers les figures du traumatisme, du cauchemar et du chaos, nous allons nous interroger en quoi la touche de cet auteur est original et pourquoi son œuvre devient la meilleure œuvre du super-héros sur grand écran.

Batman Begins

Tout d’abord, Nolan installe son super-héros dans une ambiance post-onze septembre 2001, le premier volet laisse entrevoir les ruines du manoir Wayne à la fin du film ainsi qu’une tentative d’attaque bactériologique, au même moment la peur de l’empoissonnement à l’Anthrax est à son haut pic aux Etats-Unis. Mais, et surtout, le traumatisme est le point de départ de Batman, la mort de ses parents sous ses yeux, en écho au 11 septembre vu à la télévision en boucle, car la ville de Gotham ne représente en aucun cas le traumatisme. Ce n’est pour autant qu’on arrive à la création de Batman, Bruce Wayne doit d’abord faire face aux notions de morale et de justice. Le second trauma sera la mort de Rachel Dawes, l’amour de sa vie ? Un trauma partagé par Harvey Dent Double-Face.

The Dark Knight

De ceci nous pouvons maintenant s’attarder sur le cauchemar, d’où Batman : « Si j’ai choisi d’aborder un costume de chauve-souris c’est que j’en avais peur, je veux alors que mes ennemis soient aussi atteint de cette peur. » déclare le personnage de Bruce Wayne. Il est vrai que la chauve-souris n’est pas l’animal le plus sympathique ni le plus évoqué, il est un entre-deux, un rongeur qui vole (à peine certains planent) et vivant la nuit. Cela donne une tournure fantastique, bien signifié par Nolan, par l’introduction du méchant « Scarecrow », l’Epouvantail et bien sûr le Joker interprété par feu Heath Ledger. Ce dernier est un personnage Nietzschéen (humain trop humain ou humain pas humain), avec son maquillage à l’arrache et son délire anarcho-nihiliste impulsé par une volonté de puissance négative. Puis Bane assure la continuité en homme plus vraiment homme, surhomme, violent au sang-froid.

The Dark Knight Rises

Ce qui nous amène alors au chaos ; urbain, postmoderne et social. Tous les super-héros officient en ville, la ville selon le penseur Paul Virillo, ayant écrit dessus, est devenue le lieu idéal de la violence, guerre ou autre, car tout le monde y est agglutiné. Pour prouver cette idée ? Nolan a repris la Batmobile inventé par Frank Miller, voiture mi-hummer mi-tank léger, projet de véhicule de guerre initié par Wayne père, de même que le costume en kevlar du héros et dernièrement la Bat. Le chaos est la figure argumentative de la réflexion sur le fascisme et la société de contrôle, de même que la paranoïa (la paranoïa est aussi marqué par la Ligue de l’ombre, sorte de secte-confrérie-franc-maçonnerie), dans la trilogie de Nolan, jusqu’au peut aller un homme dans son vouloir de justice alors qu’il n’est pas un officier de justice légal. Ce qui résonne avec l’équilibre précaire du modèle sociétal occidental. En effet la loi Harvey Dent (comparable aux lois Rockefeller fonctionnant uniquement à New York, des lois plus répressibles) met plus facilement des délinquants en prison mais cette loi est bâtie sur un mensonge, et c’est aussi le bon travail de Batman qui provoque la montée de violence envers l’administration de la ville dans le second volet (l’enchaînement des homicides des procureur commissaire de police, puis la tentative sur Harvey Dent).

Des trois figures évoquées, traumatisme, cauchemar et chaos, elles sont poussées à l’extrême dans The Dark Knight Rises, pour mieux clore la trilogie. Il sera maintenant difficile de faire des films de super-héros comme avant, car Christopher a transcendé ce type de personnage de la culture populaire américaine, cela ne s’adresse plus aux geeks maintenant ou aux amateurs de blockbusters se gavant de pop-corn, on souhaite un « reboot » le plus tard possible…

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…