Critique: Kill List

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.6/5 (5 votes cast)

.

Kill List

De Ben Wheatley

Avec Neil Maskell, MyAnna Buring, Michael Smiley et Harry Simpson

Royaume-Uni – 2011 – 1h35

Rating: ★★★☆☆

Cela commence presque comme Scènes de la vie conjugale de Bergman avec Jay et Shel, un couple en crise prêt à s’autodétruire lors d’un dîner entre amis. Jay n’a plus travaillé depuis huit mois et cherche visiblement à retarder le moment de se remettre à la tâche. On peut le comprendre puisque son boulot consiste à assassiner les gens dont le nom figure sur une liste et que la dernière fois qu’il a fait ça, c’était à Kiev et ça s’est mal passé sans que l’on sache trop pourquoi ni comment. Travaillant en binôme avec son meilleur ami Gal, Jay est toutefois contraint d’accepter un nouveau contrat pour renflouer les caisses du ménage. De Bergman, on glisse donc progressivement vers l’horreur réaliste au fil des corps qui tombent, révélant une vérité de plus en plus sordide qui va placer Jay comme cible d’une maléfique conspiration.

Tourné pour trois fois rien, Kill List surprend d’emblée par sa facture. Le rythme est soutenu, les cadrages intelligents et l’interprétation laisse une grande part à l’improvisation qui fait surgir toute la banalité de personnages pourtant singuliers. Traversée de déflagrations de plus en plus violentes, l’intrigue arrive à tenir son spectateur sur les rails dans l’attente d’un grand huit final que l’on espère grandiose.

 

 

Mais le défaut de Kill List est justement de décevoir sur sa résolution, qui fait tant bien que mal le grand écart entre The Wicker Man et A Serbian Film. Plonger son film dans les eaux du cinéma fantastique avec l’intrusion d’une secte satanique est une initiative sympathique, d’autant plus que les scènes de poursuites souterraines sont parmi les plus efficaces du film. Malheureusement, le réalisateur Ben Wheatley noie son climax avec une dernière scène relevant du shocker le plus banal qui, si elle donne les clés pour élucider le mystère de Kiev cité plus haut, ne fait qu’élever la morale de l’histoire à la même hauteur que celle du meilleur des Saw.

On ne jettera pas pour autant le film aux orties pour ces ultimes secondes maladroitement sous-exploitées car, on le répète, ce qui les précède reste d’un très bon niveau. Certes déçu, on pestera juste que Ben Wheatley soit passé à deux doigts du chef-d’œuvre tout en rajoutant quand même son nom sur la liste des réalisateurs à suivre de la New Wave du Fantastique britannique.

 

The Vug

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».