Critique de Blanche-Neige et le Chasseur

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Blanche-Neige et le Chasseur

De Rupert Sanders
Avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron
Etats-Unis – 2012 –  2h06
Rating: ★★★☆☆

L’annonce du projet avait de quoi laisser perplexe, une relecture du conte de Blanche-Neige au format blockbuster ricain avec comme héroïne Kristen Stewart. Sachant que la version réalisée par Tarsem Singh est sortie quelques semaines plus tôt, l‘acharnement des studios surfants sur le succès plus commercial que critique du Alice au pays des merveilles de Tim Burton semble évident. Derrière la caméra, Rupert Sanders, qui fait ici ses débuts au cinéma après avoir principalement travaillé dans la publicité. Néanmoins, la présence de Charlize Theron permettait d’apporter un soupçon d’intérêt à l’ensemble et l’arrivée des premières images permit un certain regain de curiosité.

Et il faut reconnaître que le résultat est très agréable, le film ne se limitant pas à offrir une vision trop schématique, voir édulcorée du conte original. La nouvelle direction prise par le scénario détourne assez intelligemment le récit connu de tous, notamment dans le rôle décerné au fameux prince charmant, le titre du film prenant alors tout son sens. Alliant à la fois le pur produit calibré pour un jeune public et une approche davantage axée pour un public amateur d’Heroic Fantasy, Blanche-Neige et le Chasseur fait preuve d’un esthétisme bien pensé, déployé à l’écran à coups d’effets visuels forts réussis (les transformations de la reine sont impressionnantes et les paysages sont souvent sublimes). Dommage que malgré toutes ces qualités, le film se laisse rattraper par des défauts ne lui permettant pas d’être une totale réussite, qu’il s’agisse du personnage du chasseur qui aurait mérité d’être plus développé, tout comme ce miroir si intriguant qu’on aurait aimé en savoir plus à son sujet. Ensuite, le personnage le plus intéressant ne se révèle pas être Blanche-Neige elle-même mais bien celui de la reine Ravenna, à travers son désir destructeur de jeunesse éternelle et du lien qu’elle tisse avec son frère, simple pantin répondant à ses moindres caprices. Kristen Stewart peine à convaincre, donnant l’impression de voir une actrice en mode automatique, ressassant les mêmes expressions de visage depuis le premier Twilight.

Pour un premier film Rupert Sanders propose une mise en scène avant tout fonctionnelle, très carrée mais tout aussi efficace dans le sens où elle ne dénature pas le classicisme du récit, et démontre que après la réalisation de La Planète des singes: les Origines confiée à Rupert Wyatt, le lancement de nouveaux cinéastes via des projets de grande ampleur peut s‘avérer payant. Relativement sombre le temps de quelques scènes pour une production de cet acabit, Blanche-Neige et le Chasseur évite de sombrer dans le mélo grâce à un changement de rythme en milieu de récit avec l’apparition des fameux sept nains, ceux-ci ayant été mis en retrait durant toute la période de marketing précédant la sortie. Même si le film aurait pu aller bien plus loin dans cette noirceur qu‘il côtoie par moment, son réalisateur évite de sombrer dans le quasi-parodique, à la manière du Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Le métrage fait ressentir ses diverses influences, qu’il s’agisse indéniablement de la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson (certains plan aériens sont  identiques) ou à des œuvres reflétant l’entertainment des années 90, telle que le Robin des bois, prince des voleurs de Kevin Reynolds, les deux films ayants une structure narrative très similaire.

Relecture du conte des frères Grimm, Blanche-Neige et le Chasseur s’avère être une bonne surprise pour peu que l‘on en attendait pas grand chose. S’il reste peut-être trop classique et manque d’une certaine dimension épique, il a pour principal atout de dévoiler une imagerie visuelle assez plaisante, appuyée par le très bon score de James Newton Howard. Il ne reste qu’à espérer que les producteurs ne décident pas de s’engouffrer dans une saga qui perdrait rapidement de son intérêt et risquerait de s’essouffler assez rapidement.

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).