Critique de Wrong

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Wrong

de Quentin Dupieux

avec Jack Plotnick , Eric Judor, Alexis Dziena et William Fichtner

Etats-Unis – 2012 – 1h35

Au cinéma le 5 septembre

Rating: ★★★★☆

Faut-il encore présenter Quentin Dupieux? Cinéaste de l’étrange et du non sens, le réalisateur poursuit sa quête de l’Absurde avec son troisième long métrage, Wrong, où l’on suit Dolph Springer, pauvre gars solitaire, dont la seule compagnie et raison de vivre est son chien Paul. Alors que ce dernier a disparu, Dolph met tout en œuvre pour le retrouver, quitte à faire appel aux méthodes les plus étranges.

Produit et tourné aux Etats Unis en langue anglaise, tout comme son précédent film Rubber, Wrong ne dément en rien de l’univers étrange de Quentin Dupieux, disséminant avec toujours autant de plaisir un véritable culte de l’Absurde. Trait d’union entre Steak, son premier long tourné au Canada et le suscité Rubber, Wrong dépeint, non sans humour et ironie, la latence de l’état dépressif en suivant un panel de personnages plus fous et déjantés les uns que les autres, faisant passer ce bon vieux Dolph pour un mec normal.

Plus proche de Steak que de Rubber dans sa narration et dans ses personnages, Wrong n’en reste pas moins bien plus subtil et bien plus drôle que le premier, même s’il s’avère moins profond en réflexion que le second. Là où son histoire de pneu l’avait conduit à une réflexion sur le cinéma, pour Wrong, Dupieux nous offre une pluralité de personnages que l’on pourrait prendre pour fous s’ils n’existaient dans un contexte aussi étrange. Le principe de Wrong reste qu’à tout instant, quelque chose finit par clocher, par sonner faux, comme autant d’incohérences oniriques. N’est-ce pas en soit la définition de la dépression, état mental qui plonge celui qui en est frappé dans le sentiment que rien ne va?

Ainsi, toute la force du film demeure dans ce parti pris, celui de ne jamais tomber dans le misérabilisme, l’apitoiement de ses personnages, qui agissent de manière déraisonnée dans un environnement lui même déraisonné. Sans jamais dégagé ni tristesse, ni mélancolie, le film nous entraine dans une succession de situations rocambolesques, toutes plus invraisemblables, devenant par moment de vrais gags.Porté par un casting surprenant, notamment un William Fichtner à contre-emploi, sans costume-cravate et air menaçant, le film déstructure la réalité et la normalité, apportant à chaque situation banale un élément perturbant, inhabituel, bizarre, comme cela peut être le cas des rêves.

Comme à son habitude, Dupieux nous entraine dans son monde étrange, son imaginaire singulier et surréaliste, dans lequel le spectateur doit se laisser embarquer, sans retenue ni appréhension aucune. Le voyage n’en sera que plus étonnant.

 

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.