Critique de Postal

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Postal

D’Uwe Boll

Avec Zack Ward, Dave Foley, Chris Coppola, Verne Troyer et Uwe Boll

Etats-Unis/Canada/Allemagne – 2007 – 1h40

Rating: ★☆☆☆☆

On le redit à nouveau : Uwe Boll est un ouf malade. Une sorte d’Ed Wood nihiliste qui repousse à chaque film les limites du bon goût cinématographique. Un stakhanoviste du bis dont quelques œuvres triées sur le volet nous arrivent en DTV le plus souvent avec des années de retard. Et voilà que débarque enfin sur notre territoire son film le plus culte, encore une adaptation d’un jeu vidéo débile où l’on plante cette fois-ci le canon de son arme dans le trou du cul d’un chat pour exterminer la populace.

Dès sa première séquence, Postal donne le la. Deux talibans ayant détourné un Boeing se mettent à douter du nombre de vierges qui les attendent dans l’au-delà. 100 ? 99 ? Un coup de téléphone à Ben Laden et c’est la douche froide. Des vierges, il n’en a plus des masses en stock. 10 ou 20 à tout casser. Alors, les deux terroristes décident d’annuler leur attentat pour se la couler douce aux Bahamas. Mais les passagers parviennent à rentrer dans le cockpit, essayent de prendre les commandes de l’avion et l’envoient malencontreusement s’écraser contre le World Trade Center.

Passée cette intro géniale, nous suivons Dude, un loser au chômage qui va se retrouver au cœur d’un jeu de massacre impliquant terroristes barbus et adorateurs d’une secte apocalyptique en quête de peluches de coucougnettes dans lesquelles sont cachés des doses de virus de grippe aviaire. On croise également un gourou partouzeur, des bimbos avec la moustache d’Hitler et des brassards nazis, des flics tarés, une nymphomane obèse, George W. Bush et son meilleur pote Oussama Ben Laden, Verne Troyer (le mini moi d’Austin Powers) enfermé dans une valise et s’éclairant avec un gode luminescent, des chimpanzés sodomites, Uwe Boll habillé en tyrolien et le concepteur du jeu vidéo Postal qui se demande où va le film.

« Dans ton cul » serait-on tenté de lui répondre. Car, en dépit de ses délirants ingrédients, Postal ne mène à rien. L’humour virulent des dix premières minutes s’estompent très rapidement au profit d’une ultra-violence qui peine à choquer tant elle devient artificielle, se hissant tant bien que mal à la hauteur d’un mauvais épisode de South Park. Par manque d’intelligence, Uwe Boll confond humour noir et humour potache, ne faisant ressortir au final qu’un antisémitisme latent et une homophobie primaire. Fascinant au départ, consternant à l’arrivée, Postal a beau s’assumer comme un joyeux bordel qui fait honneur au je-m’en-foutisme légendaire de son réalisateur, il rate tout simplement sa cible si celle-ci était de nous faire rire.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».