Critique de Mélodie pour un tueur

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Fingers

De James Toback

Avec Harvey Keitel, Tisa Farrow, Jim Brown et Danny Aiello

Etats-Unis – 1978 – 1h30

Rating: ★★★★☆

Premier film derrière la caméra du scénariste James Toback, Mélodie pour un tueur (Fingers) est un thriller névrotique qui sent le stupre et la crasse. Jimmy Fingers (Harvey Keitel) est un mélomane maniaco-tringleur, qui construit sa vie entre sa passion pour la musique et ses fréquentations légères. Sa petite vie friponne et ses ambitions de pianiste virtuose sont rapidement bousculées par son paternel, mafieux au faciès tout droit sorti d’Affreux, sales et méchants, qui lui demande d’aller récupérer l’argent qu’on lui doit…

Ce scénario original et bien ficelé n’a pas laissé insensible Jacques Audiard, qui l’a repris avec plus de succès, pour De battre mon cœur s’est arrêté. Moins violente, moins sale, l’adaptation d’Audiard ampute une grande part de perversion à son personnage (Romain Duris), transformé en agent immobilier, sans doute plus fréquentable. Outre le ton beaucoup plus classique chez le réalisateur français, c’est surtout les décors qui font que les enjeux des deux films dévient assez nettement.

Réalisé à New York par un new-yorkais, la ville est l’acteur principal du film. Mélodie pour un tueur suit les traces des Mean Streets et Taxi Driver de Scorsese, et ausculte les bas-fonds de la Grosse Pomme, sa violence et ses vices. Difficile de savoir si Toback a passé tout le tournage avec son « Scorsese for dummies » sur les genoux, ou si leurs enfances à New York leur ont conférées un regard absolument identique, mais l’ombre de Marty semble planer sur chaque plan. Toback semble même revendiquer cette admiration pour Scorsese. Le choix Harvey Keitel (Mean Streets, Alice n’est plus ici, Taxi Driver) dans le rôle titre n’est sans doute pas anodin, surtout qu’il y campe une espèce de cousin éloigné du Travis de Taxi Driver, semi looser un poil perturbé sexuellement, qui se lance dans une quête justicière sanglante.

Si cet arrière goût de réchauffé enlève un peu de mérite à Toback, le film possède tout de même, le charme et l’audace propres à la période du Nouvel Hollywood. Son scénario riche et maitrisé, son atmosphère névrotico-malsaine, font de Mélodie pour un tueur, une curiosité à découvrir d’urgence.

 

Zelig

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About Zelig

Curiosité de la nature et énigme pour la science, Zelig possède la faculté de se fondre au décor en toutes circonstances. Les scientifiques se sont résignés à interrompre tous tests, jugés trop dangereux, lorsque « l’ homme-caméléon » s’est transformé en étron après avoir été trop longtemps exposé à un film de Christophe Barratier. Ce furent les deux pires minutes de l’existence de cet Zelig, qui pour tenter d’oublier, fut contraint de trouver refuge dans l’alcool. Reconverti pilier de bar bénévole, vous pouvez croiser cet étrange énergumène, au détour d’une virée nocturne.