Ma visite à l’exposition Tim Burton à la cinémathèque de Paris

 

 

 

Sous l’impulsion d’une amie, je me suis décidé à faire l’exposition de Tim Burton à Bercy, quand l’équipe entière de Celluloïdz considère le réalisateur originaire de Burbank comme en pré-retraite, aux côtés de Woody Allen, Oliver Stone, Brian de Palma et peut-être aussi Bryan Singer. L’exposition, très bien réalisée, se présente en quatre parties : une petite introduction de travaux semi-professionnels, toute la genèse créatrice de Burton jusqu’à son entrée à Disney, ses premiers travaux à la fin des 70’s et début des 80’s, puis sa filmographie commençant avec Frankenweenie.

Si le début rappelle beaucoup l’univers et l’esthétique de Burton, quand on entre dans la partie de sa jeunesse créatrice avec ses premiers brouillons d’animation, on est émerveillé par la volonté de création (je n’irais pas jusqu’à citer Nietzche) avec un trait de crayon pourtant moyen. On remarque un jeune homme amateur d’Edgar Allan Poe et d’Howard Phillip Lovecraft mais aussi de gore façon Corman. C’est un style dessin assez dégoulinant, cradingue, tantôt très en couleurs, tantôt en noir et blanc grinçant. Cela est pour la majorité des dessins présentés, quand ils sont animés (on voit certaines idées de Taram et le chaudron magique non gardées), il se mêle humour et fantastique et merveilleux, dans un ton acide ou amer. Je remarque alors des similitudes avec le style de dessin utilisé dans l’adaptation de The Wall de Pink Floyd par Alan Parker mais aussi le style Bill Plympton.

Passons l’inédit d’Hansel et Gretel fait par Tim Burton, fallait rester 35 minutes devant un écran, je ne pense pas que c’est nécessaire à faire pendant une exposition, la visite permet de déceler la transition Burton chez Disney/ Burton veut faire des films, symbolisé par le court-métrage animé Vincent. De ces propos et premiers croquis de Beetlejuice, son premier véritable long-métrage, on pense que cet artiste sera aussi barré qu’un David Lynch, tous les deux rejetant en bloc la banlieue moyenne, petite bourgeoise dans laquelle ils ont grandi. Mais la visite de la filmographie, que vous connaissez tous, montre un écart entre sa passion jeune et son insertion dans le système. En effet, Tim Burton semblait se sentir habité par une furieuse et fougue envie de subversion artistique par un mélange de fantastique, d’humour acide-amer et d’esthétique gothique-expressionniste allemand, tout en étant plus accessible que David Lynch. Mais suite à une petite discussion des guides sur place, il en est presque rien : certes Tim Burton est une éponge, une grande qualité chez les artistes, mais ce n’est pas un travailleur pour autant, c’est quand même bizarre d’avoir autant de croquis sur des feuilles à papier de cafétéria, et il est assagi très vite dès le début des années 2000, après Sleepy Hollow.

Mes professeurs m’ont toujours assuré que cela vaut le coup de voir les artistes quand ils ne le sont pas encore, qu’ils se cherchent, bouillonnent à la recherche d’univers de style, pari gagné pour Tim Burton, pari à moitié perdu malheureusement pour la suite, « Fini d’blaguer, on passe à la suite »…

Dernière chose la bande annonce de Frankenweenie 2012

 

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…