Critique de L’Ombre du mal

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The Raven

De James McTeigue

Avec John Cusack, Luke Evans et Alice Eve

Etats-Unis/Hongrie/Espagne – 2012 – 1h50

Rating: ★★☆☆☆

2012 : année Edgar Poe ? Après Francis Ford Coppola et son mésestimé Twixt, le poète gothique est de nouveau à l’honneur dans The Raven (traduit chez nous par une Ombre du mal passe-partout) sous les traits de John Cusack. Extrapolant sur la mort mystérieuse de l’écrivain à Baltimore en 1849, ce thriller prend donc Edgar Poe comme personnage principal venant seconder la police dans une sombre histoire de meurtres en série. Point commun entre tous les meurtres : le serial killer s’inspire des écrits horrifiques les plus célèbres de l’auteur du Corbeau. Une chouette idée sur le papier surtout s’il on est nostalgique de la série des films gothiques de Roger Corman (The Pit and the Pendulum, L’Enterré vivant, Le Masque de la Mort Rouge).

Sur l’écran, il en est tout autrement. Si la mise en scène de James McTeigue (V pour vendetta) parvient à insuffler le rythme nécessaire au bon déroulement de l’intrigue, cette dernière manque d’originalité pour réellement impressionner, se calquant sur le schéma habituel du jeu de piste des thrillers horrifiques des années 90 tout en cherchant à suivre les déclinaisons gore numérique façon Saw (celui de James Wan) sur le mode du whodunit. Difficile de prendre au sérieux son tueur qui a toujours trois coups d’avance sur ses poursuivants et dont les motivations ne sont pas suffisamment consistantes pour nous offrir un final digne de ce nom. Quant au gothique, il faudra aller voir ailleurs tant le film se contente du strict minimum (un bal masqué, des chevauchées dans les brumes, des souterrains suintants…)

Saluons toutefois le casting qui, du charme ténébreux de Luke Evans (à quand son grand film ?) aux incisives impressionnantes d’Alice Eve, se démène pour faire vivre ce XIXe siècle reconstitué, mené par un John Cusack qui compose un Edgar Allan Poe sans le sou et alcoolique, tout en passion et en fureur à faire pâlir d’envie Nicolas Cage. Loin d’être totalement raté, The Raven est un hommage un peu vain qui ne retient des écrits d’Edgar Poe que la dimension macabre, excluant son onirisme et sa mélancolie. En somme, vite vu, vite oublié.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».