Critique de Viva Riva!

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Viva Riva !

 

De Djo Tunda Wa Munga

Avec Patsha Bay, Manie Malone, Hijo Fortuna

Congo, France, Belgique – 2010 – 1h38

Rating: ★★★★★

Riva, jeune congolais, revenu d’Angola, semble avoir fait fortune dans le pétrole, du moins il revient au pays, à Kinshasa exactement, avec un stock de carburants dans une ville réellement en manque. Avec son ami retrouvé J-M, Riva veut goûter à nouveau à Kin la belle…

De la République Démocratique du Congo, il nous venait plus souvent des documentaires sur le pays et ses régions contrastés, d’un territoire faisant trois fois la France et ne possédant qu’un aéroport international à la capitale. Si Hubert Sauper (auteur du Cauchemar de Darwin) s’était intéressé à la tragédie à l’est du pays, le Kivu, lieu de dommages humains collatéraux de la guerre civile rwandaise dans Kisangani Diary, loin du Rwanda, ce sont surtout les œuvres de Thierry Michel qui donnent principalement conscience de ce qu’est le pays actuellement. En effet ce documentariste s’était intéressé au pouvoir avec Mobutu roi du Zaïre, aux richesses naturelles dans Katanga Business, la région la plus riche du pays avec son équipe de football au niveau internationale le Tout-Puissant Mazembe et son gouverneur charismatique Moïse Katumbi ; ou aux ressources avec Congo River. Chacune de ses œuvres s’imprègnent d’une ambiance de thriller économico-social, de ce pays pauvre par les faits mais riche dans la terre qui est pillée.

Alors le réalisateur congolais, qui a difficilement financé son film, même pas sorti au pays, propose lui aussi une ambiance de thriller. D’une part, par le nombre de personnages, s’entrecroisant entre les méchants, dont le boss se démarque par son allure vestimentaire de vieux parrain sud-américain, le gangster frustré, la militaire lesbienne ou encore Nora, la femme fatale aux cheveux roux dont tombe amoureux Riva. Le thriller a besoin de nuit pour donner de l’ampleur, et la nuit à Kin, c’est la fièvre, une quête perpétuelle de satisfaction, entre sexe (tabou en alcool et violence, une certaine influence du Heat de Michael Mann). Ce qui est différent de Kin le jour, où l’énergie telle le pétrole est un enjeu de tous les jours, de même que les coupures de courant anodines, donnant un ton comique. L’énergie, la ressource naturelle est aussi l’enjeu du récit.

 

Mais on ne peut limiter ce film à un thriller, il relève aussi du western. En effet, Kin reste une terre sauvage, sale, où la nature est imposante et foisonnante, ne se laissant pas domptée, face à ça de modestes bâtisses de pierre et de briques, des parcelles, qui sont stylisées dans la dernière partie du film. Cela montre très bien le problème de la transition sociétale, démocratique, républicaine et j’en passe du pays, qui est pourtant indépendant depuis plus de 50 ans. L’homme reste un loup pour l’homme, la violence latente ou explicite tout au long du film le rappelle. Ce qui amène les différents personnages face à leurs désirs, leurs regrets leurs frustrations : ils veulent tous l’appât du gain et ne savent plus former une famille (J-M, Nora, Riva) avec leurs proches, c’est la vraie violence, celle qui gangrène le pays et qui se conjugue avec la loi du plus fort, dans un capitalisme sauvage.

Si comme je l’ai dit précédemment, l’humour atténue le ton grave du film, et de plus il nous est proposé une belle mosaïque de la ville de Kinshasa, Viva Riva est bien plus qu’un film fauché sur l’Afrique et ses africains se mangeant comme des cafards, ce qui n’est pas loin de la réalité, mais l’existence et la volonté d’un cinéma congolais sans inclinaison auteuriste mondial mais juste du cinéma pour le plus grand nombre, et ça vient de la République Démocratique du Congo.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…