Les Inédits Fantastiques de l’INA : Tout spliques étaient les Borogoves

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Tout spliques étaient les Borogoves

De Daniel Le Comte

Avec Eric Damain, Laurence Debia et Jean-Roger Caussimon

France – 1970 – 1h15

Rating: ★★★☆☆

 

Philippe et sa petite sœur Sylvie s’ennuient dans l’hôtel de montagne tenu par leurs parents. Ignorés des adultes (exceptés un psychologue pour enfant et une cliente passionnée de contes), les deux enfants jouent avec de mystérieux objets trouvés dans un caisson de métal qui serait d’origine extraterrestre. Désirant voyager vers les étoiles, Philippe et Sylvie vont voir leur rêve se réaliser par le biais de ces cadeaux tombés du ciel.

Adapté d’une nouvelle de Lewis Padgett, pseudonyme derrière lequel se cache le couple d’écrivain SF Catherine L. Moorer et Henry Kuttner, Tout spliques étaient les Borogoves est une autre de ces bizarreries télévisuelles redécouvertes par l’INA. Se déroulant dans une station de ski, cadre minimal qui renforce l’étrangeté de l’histoire, ce «conte de fée pour l’an 3000», pour reprendre les mots de l’Académicien Marcel Brion, traite du pouvoir de l’imagination, cette frontière qui sépare les enfants (et ceux qui veulent le rester) du monde des adultes, engoncés dans leurs tracasseries quotidiennes.

C’est surtout les préparatifs d’un voyage vers un autre univers que raconte l’histoire de Tout spliques étaient les Borogoves, dont le titre fait référence à un poème de Lewis Caroll cité dans la seconde aventure d’Alice au pays des merveilles : De l’autre côté du miroir. On y reprend des mots inventés pour justement inventer de nouveaux mondes. Et lorsque les parents commencent à s’inquiéter de l’obsession de leurs enfants pour ces joujoux magiques, il est déjà trop tard. Entre un père qui ne s’exprime qu’en gueulant et une mère totalement effacée, Philippe et Sylvie auront vite compris comment ouvrir la porte des étoiles et fuir la grisaille de leur quotidien.

Si l’on reconnaîtra la réelle originalité, assez singulière pour l’époque, de ce téléfilm pour enfants, on regrettera la platitude de la mise en scène et une photographie pas toujours nette qui n’aident pas à dynamiser une histoire des plus statiques. En même temps, on réalise rarement des téléfilms pour la postérité. A prendre donc comme un document sur ce que l’ORTF a pu produire de plus décalé. A noter que la même nouvelle dont est tirée Tout spliques étaient les Borogoves aura son traitement hollywoodien près de trente ans plus tard avec Mimzy, le messager du futur.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».