Critique de Sur la route

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On the road

 

De Walter Salles

Avec Sam Riley, Garret Hedlund, Kristen Stewart

Etats-Unis, Grande Bretagne, France – 2012 – 2h20

Rating: ★★★★☆

Cela fait longtemps que je n’ai pas fait un grand voyage, important pour soi, pour son âme. Je se me suis décidé à en faire un bientôt, pourquoi pas cet été et pourquoi pas aux Etats-Unis. J’avais rédigé précédemment un article sur deux jeunes français, dont un fauteuil roulant, traverser les Etats- Unis pour se rendre à un festival, Handicap au vent et par la suite, je m’étais mis à lire Sur la route de Jack Kerouac. Du mouvement culturel Beatnik, j’avais déjà lu et regardé Le Festin Nu de William Burroughs, adapté par Cronenberg, ainsi que Howl d’Allen Ginsberg, adapté par Rob Epstein et Jeffrey Friedman, sorti plus tôt en début d’année. Je savais qu’il y aurait une adaptation de Sur la route, Francis Ford Coppola détient les droits pour le cinéma, depuis… 1968. Le film, réalisé par Walter Salles, sot aujourd’hui et a été présenté à Cannes hier. Cet œuvre commence par une rencontre, entre Sal Paradise et Dean Moriarty…

Comment le roman qui a engendré le road movie peut se différencier des autres films maintenant qu’il est adapté ? Le metteur en scène choisit d’abord l’option de la voix off, une voix rocailleuse apparaissant, disparaissant, puis le jazz, métaphore de la vie des personnages, des morceaux dont on connaît le début, mais sûrement pas la fin, avec des improvisations constamment différentes. Alors j’écris ces lignes avec en fond sonore Duke Ellington avec John Coltrane, 1962. Le jazz, personnage omniprésent à la différence de la voiture Hudson pourtant si importante, exprime aussi la liberté, une liberté totale que veulent acquérir les personnages, avec frénésie et « démence de vivre » comme aimait le dire Jack. Puis ce sera la route qui sera l’expression de la liberté.

 

 

La route, signifiant la quête des personnages, pour Sal de New-York à San Francisco ou pour Carlo Marx de Denver à Dakar, signifie aussi l’attente, pas de vrai but mais une réelle  intention, pas de vrai parcours mais des villes importantes à voir. Ce qui est bien retranscrit dans le film, alternant discussions profondes, grands espaces de paysages et moments anecdotiques car il se peut que ce soit cela la vie. Dans un effort de montrer la vitalité et le dynamisme mais encore la géographie complexe du sol américain, Walter Salles installe sa caméra, son point de vue se confondant avec les protagonistes, sans être vraiment pesant ou présent. Cela donne une fluidité extraordinaire à ce manifeste libertin et libertaire, je me mets alors à imaginer Skreemer, avec sa fougue prolixe en Dean, quant à la stabilité de The Vug & Lullaby Firefly contrastent avec l’union tendue de Old Bull Lee et Jane, quant à Nightmare, Zelig et Nico Darko, des doubles de Carlo Marx, à moins que ce soit moi et qu’eux soient des doubles de Sal.

Néanmoins, de le réflexion sur les rapports humains, l’art et le rejet du matérialisme, de l’American way of life pour être plus précis, on se souvient d’avoir regardé d’autres films similaires et dernièrement c’est Into the wild de Sean Penn qui avait reçu le meilleur accueil dans ce genre de film, et ce long-métrage n’a pourtant rien a envié à celui de Walter Salles, il devrait ? Car si le film nous emporte par sa chaleur, entre nuit et jour, drogue et alcool, il ne dépasse pas le genre, ni le livre, pourtant ce sont quatre voyages. Nous avons donc comme les protagonistes, une certaine mélancolie et nostalgie, car on sent malheureusement que le réalisateur soutient que ces voyages n’auront servi qu’à écrire un livre, certes qui aura toute une ampleur à sa publication, mais qu’il en ressort juste un roman, certes le roman qu’attend d’écrire toute sa vie un auteur. Par conséquent le film vers la fin, ne sort pas de son cadre de long-métrage de cinéma, mais ce n’est pas juste un film avec ses larges panoramiques, ses gros plans en amorce ou ses passages caméra à l’épaule, mais forcément comme on attend beaucoup, on reste sur notre fin et notre faim. Qu’est-ce que le mouvement Beatnik ? Pas sûr que vous en saurez plus sur l’esprit de cette communauté, précédent les hippies, mais peut-être que ce n’est pas à définir mais à vivre, alors le film permet de purger une vrai passion, la jouissance de tout et maintenant. J’hésite encore entre San Francisco et New-York, ah ! L’album de jazz est terminé.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…